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 Dylan + My only temptation is in your eyes

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Dylan Stanford
Dylan Stanford
NEWBIES DREAMING SO BIG.
MESSAGES : 21
DATE D’ARRIVÉE : 17/02/2015
AVATAR : Emmy Rossum
CRÉDITS : Shiya


Dylan + My only temptation is in your eyes Empty
MessageSujet: Dylan + My only temptation is in your eyes   Dylan + My only temptation is in your eyes EmptyMar 17 Fév - 18:48

Dylan Esperanza Stanford
nom ☇ Stanford. prénoms ☇ Dylan, Esperanza. age et date de naissance ☇ 26 ans, native du 2 septembre 1988. nationalité ☇ elle possède la double nationalité espagnole et américaine. origine ☇ dans ses veines coule le sang de l'Andalousie natale de sa mère, auquel se mélange l'américanisme de son père dans un parfait métissage. statut social ☇ célibataire, bien que rien ne soit réellement simple à ce niveau-là dans la pratique orientation sexuelle ☇ homosexuelle. niveau d'étude ☇ reconnue comme surdouée, avec un QI supérieur à la moyenne, Dylan a décroché, à seulement 23 ans, une maîtrise musicale et propre à la composition dans une université artistique espagnole. job ☇ elle travaille actuellement comme compositrice de bande originale pour la télévision et le cinéma au sein d'une boite de production de San Francisco. revenus ☇ son travail lui rapporte de quoi vivre librement, et sans devoir être confinée constamment dans son bureau pour espérer parvenir à joindre les deux bouts. De plus, elle jouit également de la fortune familiale qui n'est nullement négligeable. statut familial ☇ cela fait trois ans que Dylan a quitté son pays natal pour s'installer au coeur de San Francisco. Son père, Adrian, a lancé sa propre boite d'assurance sur le territoire espagnol. Quant à sa mère, Julianna, elle est issue de la noblesse espagnole et gère son quotidien telle une artiste, spécialisée avant tout dans la peinture. Dylan entretient de très bonnes relations avec eux, ils restent d'ailleurs régulièrement en contact via les réseaux sociaux et internet. En revanche, Dylan a également un frère, Angelo, de trois ans son ainé. Cela fait près de deux ans qu'elle n'a plus eu aucune de ses nouvelles, leur rapport s'étant fragilisé depuis que Dylan a choisi d'assumer son homosexualité au grand jour.  traits de caractère ☇ Drôle – Intelligente – Pétillante – Indépendante – Fidèle – Dragueuse – Curieuse – Rancunière – Optimiste – Attentive – Observatrice – Cultivée – Passionnée – Charmeuse – Sensuelle – Rêveuse – Taquine – Entêtée – Créative – Franche – Généreuse – Souriante – Réfléchie – Sociable – Secrète – Joueuse – Méfiante – Idéaliste – Assumée – Ouverte d'esprit - Professionnelle - Énergique - Travailleuse  tentations ☇ Devenir mère – Retrouver les paysages de mon Andalousie natale – Ouvrir ma propre boite de production – Me rendre dans une maison d'édition pour tenter de faire publier mon roman – Avouer toute la vérité à Erin et reconstruire notre 'histoire' % de tentation ☇ Fifty Fifty
   
   
Sa mère est issue de la noblesse espagnole et possède le titre de Comtesse. La fortune de sa mère et le patrimoine familial s'élèvent en quelques millions d'euros (+) Dylan a été diagnostiqué comme élève surdouée à l'âge de six ans, son quotient intellectuel se chiffrant à 160. Ils ont été les premiers à la guider vers la voie artistique afin qu'elle puisse trouver un équilibre intellectuel entre l'apprentissage de l'école et une activité parallèlement beaucoup plus ludique (+) La même année, elle est entrée au conservatoire pour apprendre la musique. Son choix instrumental s'est automatiquement tourné vers le piano, duquel elle est devenue une talentueuse pratiquante avec les années (+) Elle a très rapidement développé un goût et une curiosité affirmée pour tout ce qui touchait à l'art et à la culture dans son ensemble (+) Pour une raison qu'elle n'est jamais parvenue à s'expliquer, Dylan a toujours eu, et a encore aujourd'hui, une profonde aversion pour la couleur rose (+) Diagnostiqué par une suractivité cérébrale, la tête de Dylan est régulièrement atteinte de migraine. Elle doit prendre un type de médicaments bien spécifiques quotidiennement afin de pouvoir échapper à ces douleurs (+) Atteinte de myopie, elle porte des lentilles correctrices. Bien qu'elle ait les moyens de se payer une opération pour corriger ses yeux, elle préfère ne pas tenter le diable, par peur que l'opération tourne mal et abime d'avantage sa vision (+) Faisant des pieds et des mains pour son anniversaire, ses parents ont accepté de lui offrir un cheval, un magnifique pur-sang noir. Son frère lui a servi de guide et de professeur pour apprendre les rouages de l'équitation. Une activité qui lui manque cruellement depuis qu'elle s'est installée à San Francisco (+) Elle a perdu sa virginité à l'âge de quatorze ans avec une gitane de grand chemin de six ans son ainée. Totalement envoutée, et manipulée par cette dernière qui voulait profiter du renom et de la fortune familiale, Dylan a très mal digéré leur rupture, se scarifiant le bout des avant-bras durant les six mois qui ont suivi cette relation (+) Issue de la noblesse, elle a néanmoins démontré un intérêt particulier pour l'univers des Gispy. C'est à l'âge de seize ans qu'elle a commencé a, secrètement, côtoyé ce milieu. C'est là qu'elle a fait la connaissance de sa plus longue histoire d'amour jusqu'à présent. Une danseuse de Gipsy qui lui a permis d'apprendre à se libérer de son corps et de ses gênes, et à accepter entièrement son homosexualité (+) C'est durant cette période que Dylan a découvert et appris le violon, ainsi que le flamenco et le tango (+) Également à ses seize ans, Dylan a intégré avec deux années d'avance une université où elle a pris comme spécialité la musique et les arts, se destinant déjà à l'époque à l'univers de la composition (+) À dix-huit ans, elle fait officiellement son coming-out devant ses parents avec sa petite amie Gipsy. Ces derniers ont directement témoigné de leur compréhension, en contrepartie de son frère qui ne lui a plus adressé la parole depuis lors (+) Sa petite amie est décédée quatre mois plus tard dans un accident. Dylan n'est jamais parvenue à reconstruire une relation stable et sérieuse depuis cette époque (+) Elle porte perpétuellement un pendentif argenté autour de son cou, représentant un ange, en souvenir de sa défunte petite amie (+) Elle a un goût prononcé pour les sucreries et la malbouffe mais s'avère avoir la chance de perdre rapidement les kilos qu'elle peut prendre à gauche ou à droite (+) Elle est en possession d'un roman qu'elle a écrit mais qu'elle n'a jamais osé essayer de publier (+) Actuellement, elle suit des cours de correspondance pour obtenir une licence de gestion. Son but est de pouvoir créer sa propre boite de production artistique (+) Elle sait faire preuve de coquetterie et de grande tenue classe et féminine à souhait, alors qu'elle aime le confort d'un vieux jogging ou d'un simple jean lorsqu'elle est chez elle ou qu'elle part se promener (+) Paradoxalement, elle ne cherche pas à se faire inséminer artificiellement, ni même à avoir une relation avec un homme pour tomber enceinte mais, a le plus grand rêve secret de pouvoir devenir maman un jour
depuis quand es-tu sur san francisco, et que viens-tu y faire ☇ Originellement, je suis arrivée à San Francisco il y a 3 ans. Jusque-là, je n'avais pour ainsi dire jamais posé le pied sur le sol américain, exception faites des vacances d'été. J'ai déjà eu la chance d'aller à New-York pour mes seize ans, ainsi que de faire un road trip le long de la côte californienne pour mes dix-huit ans. Or mis cela, j'ai parfois passé quelques mois de juillet du côté de Boston, la ville dont est originaire mon père. Mais, en dehors de ça, je ne connais de San Francisco que le nom! J'y suis arrivée il y a trois ans. Et ma venue n'était pas motivée pour des vacances, mais bien pour la signature d'un contrat de travail avec une maison de production. Pour moi, cela s'apparentait à une opportunité que je ne pouvais tout simplement pas louper. Et, depuis, je n'ai jamais quitté cette ville! Trois années que j'y suis. Trois années que j'y vis. Trois années que j'y travaille et, en définitive, trois années où je m'épanouis au gré d'expériences parfois plus douloureuses que d'autre, mais tout en m'amenant une unicité à travers laquelle je ne cesse de me sentir bien. si tu devais choisir un pays sur la planète, ce serait lequel ☇ Autant puis-je aimer ma vie en Amérique que je ne pourrais jamais me séparer de l'Andalousie natale qui coule dans mes veines. Je travaille à San Francisco mais j'aimerais vivre de simplicité et de liberté au cœur des paysages sauvages andalous. Entre ces demeures pittoresques, ces haras, ces terrains peuplés de gitans et autres 'bohémiens' comme on les appelait dans le temps. Vivre des chauds rayons de soleil qui caressent jour après jour ces terres de rêves. Troquer les quelques gratte-ciels de l'oncle Sam au profit de ces montagnes espagnoles, de ces paysages vallonnés de verdure au cœur desquels transpire cet inégalable parfum d'insouciance, de rêve et de liberté proprement dite. C'est en ces terres que je me sentirai toujours chez moi, même si je construis ma vie ailleurs. Si je ne suis pas à l'Andalousie, cette dernière vivra toujours dans ma tête et dans mon cœur. Rien ne pourra remplacer mon Espagne natale et cette région si chère à mon cœur! as-tu déjà été tenté de tout recommencer à zéro dans ta vie, l'as-tu fais ☇ Je pense que je suis encore trop jeune pour pouvoir répondre réellement à cette question. Comme tout le monde, j'ai mes joies, mes peines, mes instants de gloire et mes regrets. Mais de là à recommencer toute ma vie à zéro? Je n'en sais vraiment rien… Ma seule certitude, quant au fait de revenir en arrière, c'est de pouvoir simplement remonter le temps de quelques mois, de cinq mois pour être précise. Effacer ces cinq mois d'inquiétude, de peur, de solitude. Mais surtout, ces cinq mois qui m'ont actuellement finalement pris ce que je commençais à avoir de plus cher dans ma vie, même si je me refusais de le reconnaître et de l'avouer ouvertement… expliquez-nous tout.


   « AND I AM SO TEMPTED TO TOUCH. TEMPTED TO GET. »
prénom/pseudo ☇ Mr. Yasu fuseau horaire ☇ fuseau européen (vive la Belgique  Dylan + My only temptation is in your eyes 3858994615 ) présence ☇ 5/7 en moyenne avis général ☇ J'A-DO-RE  Dylan + My only temptation is in your eyes 777157044  Dylan + My only temptation is in your eyes 777157044  Dylan + My only temptation is in your eyes 777157044  arrivé(e) par ☇ Erin, qui m'a vendu son scénario de rêve  Dylan + My only temptation is in your eyes 1737833145  scénario/inventé ☇ Scénario (a) avatar ☇ Emmy Rossum crédits ☇ Shiya


   
will you be my temptation ?



La pluie ne cesse de s'abattre sur la grande baie vitrée. Le regard perdu dans le vide, Dylan avance le verre de whisky jusqu'à ses lèvres. Cette gorgée lui fait autant de bien qu'elle ne lui brûle la gorge. Ses yeux se plissent le temps d'une grimace fugace, furtive. Son visage se baisse. Le verre est posé délicatement à la surface du piano. Machinalement, la jeune femme s'installe derrière le clavier, ses doigts trouvant déjà position sur le clavier. Elle ferme les yeux, elle n'a nullement besoin de voir ou de regarder les touches. Ses doigts pressent les premières notes dans un mélange de douceur et de lourdeur. Les notes s'enchainent lentement, difficilement. L'improvisation est de mise ce soir. Notre virtuose n'est pas en quête d'un nouveau succès ou d'un morceau destiné à demeurer dans les annales de la musique. Tout ce qu'elle désire, c'est laissé exprimer ce que son cœur trop lourd renferme. Purger son être de ce qui lui pèse, de ce qui la tiraille et ne cesse de lui brûler l'intérieur de l'âme en chaque instant. Cela lui permettra-t-elle de se sentir mieux, d'en guérir? Peut-être pas sur le long terme. Mais c'est tout ce dont elle avait besoin en cet instant précis…

Pourtant, tout ne commence pas de manière aussi morose lorsque l'on y regarde de plus près. Il suffit de remonter de longues semaines, de longs mois en arrière pour que la pluie mélancolique de ce soir laisse place aux rayons ensoleillés des beaux jours de plaisir et de légèreté. Oui, sa mémoire faisait un saut dans le temps de onze mois en arrière précisément. Période légère où Dylan ne vivait que de son travail et des différents plaisirs et autres libertés qu'elle s'accordait. En ces derniers, on pouvait retrouver de longues heures passer derrière ses deux instruments de prédilection pour son seul et unique plaisir. On pouvait y trouver la radieuse femme, pétillante à souhait, qui se plaisait à aller faire les boutiques en affichant un sourire et une folie contagieuse. Il ne fallait pas grand-chose pour  que l'héritière Stanford se retrouve en train de sautiller, de tournoyer ou de danser même en pleine rue pour exprimer un simple contentement. Tout paraissait frais, délicieux, à portée de main sans la moindre difficulté. Et, dans cette bulle de plaisir et d'épanouissement personnel, une rencontre se produisit entre deux femmes que rien ne semblait rapprocher… Si ce n'est la simple volonté du hasard ou du destin. Dylan pouvait s'en souvenir dans le moindre détail… Une voix qui la charme dès les premières secondes. Un regard qui la captive sans qu'elle ne cherche à y résister. Un corps à se damner. Et un flot d'alcool nullement négligeable pour laisser tomber toute trace de retenue, de défense ou de sagesse habituelle, voire conventionnelle. Elle ne savait pas plus que son prénom si l'on peut dire. Mais cela avait été suffisant pour connaître une nuit d'une intensité et d'une magie tout simplement hors pair. Le parfum de l'évidence se mêlait à la sueur de cette passion interdite mais ardemment consommée. Deux corps guidés, poussés l'un vers l'autre, s'offrant sans la moindre pudeur. Pas de secrets. Pas de barrières. Pas d'obstacles. Juste un rêve idéalement parfait et somptueux. Tel était la marque indélébile que laissa ce premier souvenir dans le cœur de notre compositrice.  

Dylan aurait, quelque part, voulu arrêter le temps à cette nuit précise. Car, à cet instant précis, rien n'était important. Il n'était pas nécessaire de connaître la vie de sa partenaire. Il n'était pas important de prendre conscience d'une réalité complexe et nébuleuse. Il n'était pas utile de s'interroger sur une notion d'attachement, d'appréciation ou même de sentiment. Seul demeurait cette insouciance futile et grisante. Mais l'inlassable fatalité du temps qui passe ne pouvait préserver ce moment unique…

Un rictus se dessine sur le visage de Dylan. Ses doigts s'agitent avec plus de grâce et plus de facilité sur les touches du piano. Il y a cette chaleur, cette fièvre de ces bons souvenirs qui la pousse à se montrer plus fervente et généreuse dans les tonalités crées, apportées, offertes.

Une légèreté qui continue de se montrer paradoxalement plus profonde. Le film d'une vie, le film d'une histoire se dessine rapidement, et sans difficulté aucune, au cœur de son esprit. Se souvenir des belles choses, quoi de plus merveilleux? L'histoire inattendue d'une jeune compositrice rencontrant une femme mariée. Le récit surprenant d'une dame mûre se découvrant aux sentiers de la passion dans les bras d'une demoiselle si fraiche, si pétillante, et tellement inattendue. Dylan aimait leurs débuts. Dylan aimait ces petits instants volés où elles se téléphonaient pour se donner de petits rendez-vous. Les premiers n'étaient pas réellement tourner vers la discussion. Dylan la savait avoir une véritable vie. Une vie de couple. Une vie de famille. Quelque part aurait-elle dû tout arrêter à ce moment-là, et penser à ce ménage qu'elle affaiblissait de par les instants passés auprès de cette femme. Mais sa raison se taisait au profit de cette addiction au plaisir. Elle avait trop pensé, trop donné et trop souffert par le passé. Dylan ne cherchait pas à s'attacher. Dylan ne désirait pas s'emprisonner dans les remous d'une histoire d'amour, ni même d'une quelconque romance. Alors adieu la sagesse et la bienséance. Rien n'avait plus d'importance au début que les bras, que les lèvres et que le corps de son amante. L'appétit dévorant d'une libido ne cessant de se repaître du tumulte charnel étant le leur. Les paroles n'existaient pas. Seuls se témoignèrent et s'échangèrent des murmures, des soupirs, des gémissements et autres cris d'une jouissance sans nulle autre pareil. Et puis, seulement, petit à petit, se construit des échanges et des confidences. Tout d'abord, cela se passe sur l'oreiller. Ensuite, le moment volé commence à s'éterniser plus que quelques dizaines de minutes. À une heure se succède une après-midi. À l'après-midi se succède la journée. Et, en de très rares occasions, la journée se succède en un week-end ou bien plus qu'une relation sexuelle s'échangea.

C'est à partir de cet instant que les yeux de Dylan se froncent petit à petit. Ses doigts redeviennent plus lourds. Ses notes continuent de s'enchainer tout aussi rapidement, mais avec une caresse musicale beaucoup moins douce et légère. L'esprit vagabond laisse peu à peu sa place du maestro au profit du cœur.

Car oui, tout ce qui en est suivi n'est qu'une histoire de cœur en fin de compte. Dylan n'a jamais été femme à s'attacher, que cela soit avec son amante ou avec qui que ce soit d'autre. Cela était impossible. Cela ne pouvait se produire. Il était hors de question que même son intellect soit contaminé par les douces aspérités d'un amour naissant, mais d'un amour réel, concret et profondément puissant. Sourde aux cris lancés par ses sentiments, Dylan continuait de la voir. Dylan continuait de s'enfermer dans ce monde à part lorsqu'elle était à ses côtés. Dylan ne cessait de se jeter tête la première dans ce piège qui se refermait peu à peu autour d'elle. Seule dans sa solitude elle retrouvait le courage de nier les faits et de taire ce que son être désirait clamer haut et fort une bonne fois pour toute. Quelque part, peut-être était-il temps pour elle d'arrêter cette mascarade… Qu'il était temps d'arrêter cette liaison avant que cela n'aille trop loin et ne fasse trop de dégâts. Jamais n'avait-elle demandé un choix à son amante, et jamais ne le ferait-elle. Mais, en ces instants où ses sentiments devenaient totalement hors de contrôle, c'était elle qui souhaitait prendre la décision! Dire stop. Se préserver. Se protéger. Ne plus s'exposer. Enfermer à double tour, au plus profond de ses propres abysses, tous ces merveilleux moments et les sceller à jamais pour ne plus jamais en entendre parler. Tirer un trait, douloureux mais définitif. Il n'y avait que ça qu'elle était à même de faire.

Mais à nouveau, c'est le temps. C'est le temps, le hasard, le destin roublard qui prive notre principale concernée de commettre un acte aux conséquences inévitables. Un trou noir. Un sommeil. Un coma. La femme que son cœur ne cessait de choisir venait de la 'quitter' dans des circonstances aussi étranges que nébuleuses. Tel était le signe qu'il fallait réellement arrêter… C'est tout du moins ce que Dylan ne cessait de se répéter, encore et encore. Masquant chacune de ses émotions et de ses tristesses, elle demeurait la femme au masque souriant et imperturbable qui, en secret chez elle la nuit, ne pouvait retenir les larmes le long de ses yeux. L'absence de sommeil l'envahissait comme un poison cruel et macabre. Les journées étaient interminables. Les semaines se parsemaient d'un parfum de douloureuse éternité. Quant au mois… La torture n'avait jamais eu un goût aussi férocement cruel. Dylan culpabilisait. Elle culpabilisait de la décision qu'elle s'apprêtait à prendre. Elle culpabilisait de se sentir si faible. Elle culpabilisait d'être finalement arrivée à avoir des sentiments plus forts que tous ceux qu'elle n'avait jamais ressentis. Dylan s'en voulait d'avoir été faible et d'avoir laissé son être tout entier cédé. Tentée par l'interdit, tentée par l'impossible, tentée par ce qu'elle ne pouvait plus accepter en elle, elle avait finalement totalement succombée. Et c'est seule, sans jamais revoir une seule fois le visage de cette précieuse amante qu'elle comprit toute l'étendue de ce verdict délicieusement beau et malicieusement cruel en même temps.

Dylan ne cesse de jouer. Ses lèvres se pincent. Le final ne sera pas grandiose, mais simplement aussi morose que cette nuit à la pluie battante. Pas de lumière au bout du tunnel, seulement les ténèbres ont leur place et le droit de régner en cette nuit. Il n'y a pas de fin onctueusement écrite pour soulager les cœurs sentimentaux et romantiques. Les happy end ne sont nullement de rigueur. Un rêve se brise contre les parois abruptes d'une réalité sadique.

Sa nature optimiste aurait parfaitement pu se contenter de se satisfaire de l'éveil de son amante, de sa maîtresse. Oui, cette femme avait recouvré l'éveil et la santé. Plus de sommeil fatal. Plus de coma. Plus de jours s'écoulant en se demandant si la prochaine aube sera la dernière de cet âme meurtrie et blessée. Dylan pouvait sentir la légèreté de cet éveil combler ses nombreuses nuits de peurs et d'insomnies. Mais pour qui? Pour quoi? Et à quel prix? Celui d'une illusion! Celui d'un mensonge! Celui d'un secret ancré dans une boite de Pandore qu'il ne serait pas bon de rouvrir une seconde fois. Plus de souvenirs. Plus de Dylan. Plus de liaison. Tout comme le songe apaisant que cela avait été, cette relation s'était éteinte en même temps que ce nouvel éveil. À force de vouloir tout arrêter, la musicienne pouvait jouir de la satisfaction que tout venait de prendre fin désormais… Mais si c'était réellement ce qu'elle désirait, si c'était réellement ce qu'elle voulait au plus profond d'elle-même, pourquoi cela lui tordait-il autant le cœur? Pourquoi cela lui poignardait autant l'âme? Pourquoi cela lui brûlait-elle aussi douloureusement dans chaque parcelle de son corps? Et pourquoi avait-il fallu qu'elle aille la revoir, qu'elle aille la retrouver et qu'elle aille lui mentir?

Les notes finissent par mourir et étouffer dans leur propre résonnance. Les doigts de Dylan se ralentissent. Les doigts de Dylan s'immobilisent lentement mais surement. Elle ne peut plus. Elle n'y arrive plus. Finalement, c'est le son omniprésent de ces gouttes d'eau tapant sur sa vitre qui redevient l'unique mélodie envahissant les lieux. Dylan quitte son siège et attrape son verre de whisky. Elle s'avance d'un pas lent vers la grande baie vitrée de la pièce. Incapable de porter le verre à ses lèvres, elle dépose sa main libre sur la vitre. Son front imite le mouvement. Ses paupières se ferment. Une seule et unique larme vagabonde roule le long de sa joue. Elle ne lui a jamais dit ce qu'elle ressentait. Pourtant, c'est ce soir que, pour la première fois, ses lèvres s'entrouvrent et laissent filer ce précieux murmure.

"Je t'aime, Erin…"

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