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 this is war (nuno)

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MessageSujet: this is war (nuno)   Sam 7 Fév - 18:00

Croyez-le ou non, Marcus ne le sentait pas cette soirée retrouvailles avec ses vieux copains de la promo 2008 du lycée du coin. Il n'avait pas gardé beaucoup de contact avec ses anciens amis. Beaucoup avait dit qu'il avait changé à la longue, et il s'était disputé avec la plupart d'entre eux avant même d'être diplômé. Mais ça, encore, il s'en fichait. Ca glissait sur lui comme la pluie sur les plumes d'un canard. Le pire, c'est que dans cette classe de dernière année, en 2008, au lycée il y avait Nuno. Et il y avait très fort à parié qu'on l'avait convié à la sauterie de Michael Foreman, hôte de ce soir. Cependant il y avait toujours un espoir qu'il ait autre chose à faire, qu'il n'ait pas envie de bouger ou encore qu'il se retrouve embourbé dans une route boueuse en venant à bord de son fauteuil. Quoi ça n'arrivait jamais ce genre de chose ? Marcus l'espérait secrètement tout autant qu'il avait envie de cette confrontation. Ca faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas parlé à Nuno, ça faisait même des plombes qu'il ne l'avait pas vu. Des mois. Et comme un puceau la veille du bal de promo, Marcus stressait. Et pourtant, Dieu sait que ce n'était pas son genre.

Mais pas grave, il allait faire comme si de rien n'était, c'était son grand truc. Vêtu d'un simple t-shirt, d'une veste en jean avec son éternelle casquette sur la tête, il se regarda dans la glace. L'hématome qu'il avait à l'oeil s'estompait jour après jour, et sa lèvre était presque cicatrisée. Même si c'était décelable, ça ne crevait pas les yeux qu'il s'était fait dérouiller quelques jours plus tôt. La seule personne au courant de cette mésaventure c'était encore Calina, ou peut-être devrait-elle avoir le titre d'infirmière personnelle, ça serait plus cohérent avec ce qu'elle était en ce moment. Mauvaise passe dans les affaires du groupe, qui avait à faire avec un vrai soulèvement des consommateurs qui semblaient trouver l'herbe trop chère ces derniers temps. Bande de cons ! Et puisque Marcus, coursier de profession officiellement et officieusement était en lien direct avec ces cons, ça lui retombait très souvent dessus. Enfin, personne dans la promo du lycée ne trouverait à redire si Marcus arrivait avec le visage tuméfié. Il était bagarreur déjà à l'époque. Marcus en fait, elle avait toujours eu le chic pour se foutre dans des pétrins pas possible. On se souvenait encore du binôme qu'ils formaient, Beleza et Webb au lycée. L'un avec sa tête de parfait glandeur l'autre avec son air festif et ténébreux tout droit sortie du Brésil. Et merde, voilà que Nuno revenait dans les pensées du jeune homme. Marcus respira profondément. Ca va bien se passé Se répétait-il avant de mettre sa casquette à l'envers, comme pour se donner du courage.

Direction Richmond District, il vérifia sur son téléphone à un feu rouge, l'adresse. Un pied sur le bitume et l'autre sur le gidon de sa Vespa. Ouais, c'était à cinquante mètres. Il se gara donc devant l'immeuble et sonna, entendit la porte se déverrouillé et y rentra son scooter dans le hall. Là il sortie de la soute un pack de bière qu'il avait acheté juste avant à l'épicerie du coin, se rappelant juste avant d'arriver que de se ramener les mains vides, bah ça le fait pas. Il prit aussi un petit sachet de weed, de sa réserve pour consommation personnelle que le groupe se séparait en début de semaine. Il fourra le sachet dans sa poche arrière. Là, il était prêt. Il grimpa les marches de l'immeuble, ignorant l'ascenseur. Pour la petite histoire, il n'aimait pas les ascenseurs. Enfin, cela n'avait aucun intérêt. Il sonna, on lui ouvrit.

Marie Jackman avait perdu au moins quinze kilos depuis le lycée et elle était très fière de sa robe bustier qu'elle portait. Elizabeth Spencer était mariée et enceinte et parlait avec les autres "qui ont fait quelque chose de leur vie" et qui avait prit possession de la cuisine alors que la copine de Michael Foreman finissait de préparer les apéritifs. Les nostalgiques de l'époque du lycée, ceux qui étaient dans l'équipe de football du lycée ou bien les ex-cheerleaders avaient élus domicile dans le salon et regardait en riant l'album du lycée tout en enchaînant les whisky-coca pour se remémorer le goût que ça avait les soirées à l'époque. Et puis, y avait ceux qui fumait sur le balcon. On demanda vaguement des nouvelles de Marcus, on n'osait pas trop lui parler en fait. Tout le monde ici savait que le gamin Webb avait mal tourné. Et cette indifférence rendait Webb complètement dingue. Tellement dingue qu'il avait envie de se tirer de là. Il ne passerait pas la soirée à écouter des abrutis parler du bon vieux temps. Pour se calmer il rejoignit les fumeurs du balcon, sortie un joint. On le regarda sans rien dire, et enfin certains se mirent à rire. Hey, sympa, t'as ramené de quoi en faire profiter tout le monde ? Marcus inspira profondément et tout en allumant le pétard il balança du tac au tac : T'as ramené de quoi payer ? Et hop, la première tentative de communication était rompue et jeta un froid sur tout le balcon. Certains, même, jetèrent le clopes pas encore terminée pour rentrer à l'intérieur, ne voulant pas supporter les humeurs de Webb. Bah oui, il était comme ça quand on ne faisait pas attention à lui. Il se transformait en un sorte de méduse qui piquait quiconque l'approchait. Il boudait, comme un enfant. Alors, il fuma son joint sans adresser la personne à qui que se soit d'autre. Il avait presque terminé quand soudain, Michael Foreman passa sa tête sur le balcon. Lui, il avait toujours été cool, et c'était peut-être l'un des seuls avec qui Marcus était resté en bon terme. D'une voix enjouée il annonça la nouvelle : Hey Webb, y a Nuno qui est arrivé. Marcus fuma sa dernière taffe d'un coup sec. Soudain crispé. Michael avait annoncé ça comme s'il s'agissait d'une bonne nouvelle. Mais en réalité, c'était ce que Marcus redoutait depuis le début de la soirée. Les personnes qui restaient sur le balcon regardèrent tous Marcus d'un coup, craignant à moitié sa réaction et agissant comme des spectateurs avide de violence qu'était la race humaine. Marcus prit une profonde inspiration, balança son joint par dessus la rambarde et rentra dans le salon.

Il tomba tout de suite nez à nez avec Nuno. De toute façon, on ne voyait que lui. Il dénotait sur sa chaise roulante au milieu de tous ces gens debout. Silence. Marcus en avait le coeur brisé de voir celui qu'il avait considéré si longtemps comme son frère dans un tel état. Mais, si vous pensiez qu'il allait être plus sympa juste parce que c'était Nuno et que le pauvre petit surfeur s'était fait bobo.. Vous rêvez ! Marcus il n'avait jamais été foutu de parler normalement aux gens. Et si au départ il avait réellement voulu arranger les choses avec Nuno, c'était loin désormais. Cette espèce d'engueulade à la con, ça lui prenait la tête. Il n'avait pas envie de supplier son ami de bien vouloir lui pardonner ce qui s'était passé il y a un million d'années avec une pauvre fille. Alors, fidèle à lui même, fidèle au sale gosse qu'il était, il balança, acerbe, piquant comme une méduse : Tiens, Nuno. Ca roule ? bidon comme vanne, vous ne trouvez pas ?

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A ce jour un dernier raïe
Et du courage pour cogner
J'étais pas contre
Mais pas pour être des votres
J'sais pas quand, j'sais pas où
Mais j'ai un rendez-vous
Avec les gars du gang
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LE COMATEUX
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MessageSujet: Re: this is war (nuno)   Mer 11 Fév - 10:13

Assis dans mon canapé, devant un programme merdique, j’avale des céréales en plongeant ma main dans le paquet. Une vraie loque. Mon téléphone sonne et je me contorsionne pour l’attraper. Je décroche, c’est Michael, un ancien ami de collège/lycée. Ça fait un bail que je n’ai pas eu de nouvelles. «Nuno, t’as reçu mon invitation pour ce soir ?» «Ouais, je sais pas trop si j’vais venir.» «Allez viens, y’aura tout le monde, on a tous envie de te voir, viens !» Je ne suis pas tellement sûr. Je lui dis que je verrai bien, en fonction de mon humeur. En ce moment, c’est un peu des hauts et des bas. Depuis que j’ai appris que j’allais avoir une chance de sauver mes jambes, c’est le bordel dans ma tête. Je n’en ai parlé à personne pour l’instant, personne hormis Kim. Je redoute l’annonce à mes soeurs, à ma grand mère. Je sais qu’elle m’en dissuaderont quand elle sauront que les chances sont plus grandes de me retrouver comme un légume, plutôt que de retrouver mes jambes. Mais 10%, de chance, c’est suffisant pour essayer. Je ne supporte plus ma vie depuis que je suis dans ce fauteuil, c’est l’enfer.

Ce n’est que sur les coups de 20 heures que je me décide à m’habiller pour aller à cette foutue fête. Ça ne peut pas me faire de mal après tout. Je me suis toujours bien entendu avec mes anciens camarades de classe. Même si depuis mon retour d’Australie, je n’ai pas eu vraiment de nouvelles de toute cette troupe. Certains ont pris de mes nouvelles, mais très peu. Ce serait peut-être le moment de tirer un trait sur tout ça. Voir ce que tout le monde est devenu. Je crois que c’est plutôt la curiosité qui me pousse à y aller. Je boutonne ma chemise et me regarde une dernière fois dans le miroir, fin prêt. Je me retiens d’envoyer un message à Kim pour qu’elle m’accompagne. Mais ce n’est pas sa promo, c’est la mienne, mes amis, enfin disons mes anciens amis. Elle n’aurait rien à faire là. Et puis, je ne l’ai pas revue depuis la nuit qu’on a passée ensemble.

Heureusement, l’appartement n’est pas très loin, je peux y aller sans faire appel à un taxi spécialisé pour transporter les fauteuils roulants. Lorsque je sonne à la porte, je suis un peu stressé. Je suppose que c’est normal. C’est Sophia qui ouvre. Je lui offre un petit sourire. Elle n’a pas changé. «Nuno !» Elle vient me faire une courte étreinte. «Comment ça va ?» «Comme je peux !» Je grimace un peu. Je n’ai pas envie de m'apitoyer sur mon sort, mais les voir tous là, debout, c’est un peu compliqué. Et puis les regards se tournent rapidement sur moi. Certains sourient, certains murmurent, j’ai l’impression d’être une bête de foire. Et puis soudain, un visage familier s’approche. Une casquette vissée sur la tête. Un long silence s’installe. Je serre les mâchoires. Je ne m’attendais pas à le voir ici. Depuis qu’il a mal tourné, beaucoup de nos amis en commun on préféré l’éloigner de leurs vies, comme je l’ai fait. Et même si parfois sa présence me manque, je ne regrette pas de l’avoir évincé. La rancoeur revient prendre possession de moi. Tout ça, c’est du passé, pourtant, il a toujours cette tête de petit con. «Tiens, Nuno. Ca roule ?» Putain quel connard. Je vois qu’il n’a pas changé. «Webb. Moi qui pensais que personne t’inviterait. Décidément, les gens sont plus focus que j’le pensais.». C’est ridicule. Nous deux, au milieu du salon, en train de nous envoyer des vacheries à la tête, devant tout ce monde qui nous regarde. Comme si cette fête n’avait uniquement pour but que de nous mettre face à face, mon ancien frère de coeur et moi. Les choses ont bien changé depuis.

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Wanna hear your beating heart tonight Before the bleeding sun comes alive. I want to make the best of what is left, hold tight, And hear my beating heart one last time Before daylight.
 
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