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 friendship suicide

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LA BLUFFEUSE
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MessageSujet: friendship suicide   Dim 1 Fév - 16:16

" This is a game of love roulette and the gun is fully loaded.
Loving your best friend is friendship suicide "


« Hey Raf. » Non, non, t'as mal entendu. C'est une hallucination auditive. Ça arrive souvent, surtout quand t'es dans une salle bondée et que le mec aux platines se prend pour David Guetta. C'est probablement parce qu'être ici avec toutes ces personnes sans lui, c'est étrange. Toi sans lui, c'est étrange. Comme si tu pouvais pas vraiment être toi sans lui. T'es tellement habituée à sa présence à tes côtés que tu sais plus trop qui tu es sans lui. Tu tournes la tête juste pour te prouver que tu te trompes. Mais tu te trompes pas. Il est là. Ton regard croise le sien et tu sens ton cœur qui s'affole dans ta poitrine. Ton regard n'a pas croisé le sien depuis des semaines. Tu t'es évertué à l'éviter, à continuer ta vie sans lui, comme si Rafaël n'avait jamais existé. C'était facile de prétendre quand toute ton attention était dévouée à Gabriel et à votre histoire naissante. C'était facile d'oublier la trahison quand il n'était pas là. Tu détournes le regard, attrape ton verre et laisse l'alcool faire son travail. T’anesthésies la douleur que sa simple présence fait naître en toi. L'alcool a un meilleur goût que l'idée qu'il ait pu te considérer comme l'une de ses nombreuses poupées et comme rien d'autre. Tu vas pas te mentir, il te manque. Mais sa présence te fait tout aussi mal que son absence. La nuit que vous avez passé ensemble a tout changé. Mais rien n'a changé. Tu l'as perdu. T'as voulu plus et lui s'est contenté de t'utiliser. Tu le sais pourtant, Saw. Tu sais que tu en vaux pas la peine, tu vaux pas le coup. Et Gabriel finira par se rendre compte que tu mérites pas son attention, qu'il mérite mieux qu'une fille comme toi. T'es une pauvre idiote si tu crois qu'un jour, quelqu'un pourrait t'aimer. « Tu vas pas dire bonjour à Raf ? » qu'on te demande. Et toi, t'as envie de leur dire que non tu vas pas aller lui dire bonjour, que d'abord, il ne mérite pas ton bonjour, il ne mérite même pas une bonne journée alors qu'il a fait remonter tes vieux démons à la surface. T'aimerais leur dire que non tu vas pas aller lui dire bonjour, parce que si tu vas lui dire bonjour, tu vas vouloir savoir comment c'est passé sa journée, tu vas vouloir savoir s'il va bien et tu vas retomber. « Vous vous êtes disputés ? » Pire encore, on s'est aimé. Enfin, moi, je l'ai aimé, lui, il s'est contenté de m'utiliser. Il a trouvé son réconfort dans mon lit, puis il est parti. On s'est pas disputé. Mais tu dis rien, tu te contentes de lui offrir un sourire avant de sortir le plus gros mensonge de ta vie : « Bien sur que non. Tout va bien entre nous. » C'est faux, plus rien ne va. Votre amitié a pris l'eau et toi, tu coules sans lui. Tu peux rien dire, cependant. Tu peux pas expliquer aux gens qui vous entourent que tu sais pas comment va Rafaël, que tu sais pas s'il est heureux, que lui, il sait même pas pour Gabriel et les doutes qui te rongent. Dans d'autres circonstances, t'en aurais parlé à Rafaël .Tu l'aurais laissé éponger tes blessures, jusqu'à ce que ton palpitant cesse de faire mal. Mais à qui t'en parles quand ton meilleur ami est la raison de tous tes maux ? T'en parles pas, tu fermes ta bouche et tu souris. Bêtement. Les apparences avant tout. Tu te lèves de ton tabouret, finit ton verre avant de le rejoindre, histoire de te donner un peu de courage. Un pas. Deux pas. La distance entre vous deux te semble interminable. « Salut. » Ton regard regarde un point fixe derrière lui, t'es même incapable de le regarder. Pathétique. « Je sais qu'on s'évite et c'est très bien comme ça, mais ce soir, tout le monde est là, on va devoir faire une trêve et prétendre que t'es pas le dernier des connards. » Et qu'on se le dise, t'as pas envie de faire une trêve. Tu lui en veux. Tu te laisseras pas avoir par son regard de chien battu, tu laisseras pas vos 16 ans d'amitié t'amadouer.

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“Comment te dire quand t’es pas là, que moi sans toi, ça ne veut rien dire. Comment te dire, dis moi comment te dire que moi sans toi, c’est comme un rire qui ne trouve pas vers où mourir”
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MessageSujet: Re: friendship suicide   Dim 8 Fév - 16:53

I know I'm gonna weep my heart out
You know I'm gonna try much harder
But it isn't the shit in my head
Pulling me under this time


T'observes de loin. L'air est épais, comme un voile solide qui s'abat sur toi un peu plus à chaque seconde qui meurt. C'est ridicule, t'aurais pas dû venir, tu regrettes déjà. La tension s'infiltre dans tes veines, transperce ta peau, te transcende de la tête jusqu'aux pieds. Tu savais qu'elle serait là, t'en étais sûr et certain, c'était inévitable. T'as essayé de te préparer à la revoir, mais rien n'aurait pu prévenir la montagne de sentiments contraires que sa simple vue fait resurgir en toi. Ton regard croise le sien et t'es figé sur place par ses deux orbes couleur glace. L'espace d'un instant, t'as l'impression de faire un bond en arrière. T'as jamais merdé, tout est beau, tout est bon. T'as l'impression de plus rien voir du tout et en même temps tes pupilles captent chaque détail qui t'entoure. Et puis elle, surtout. Tes doigts se referment sur le verre que t'as en main. Un peu trop fort. Un peu trop brusquement. T'as merdé, rien n'a changé. Marc rit et Josh continue de parler. Tu ne les entends pas. Tu ne vois que Saw. Saw. Saw. Tu te sens coupable, heureux aussi, toutes les émotions que tu tentes d'enterrer un peu plus chaque jour, c'est comme si elles émergeaient l'une après l'autre à mesure que tu la scrutes. Elle détourne le regard. Fossé, chute mortelle. Tu te reprends à ton tour, ton pied a déjà fait un pas dans sa direction sans que tu t'en rendes compte. Le corps avant la raison. Comme cette fois, où t'as déconné. En beauté. Tu passes une main tremblante dans tes cheveux, inspire, soupire. Elle te tourne le dos, semble oublier ta présence. Tu te demandes même si elle t'a reconnu. Tu ne sais rien, tu ne sais plus. C'est comme un électrochoc. Rien n'a changé. Ton cœur s'arrête de fonctionner quelques secondes. Pause. Tes doigts tremblent. Marc rigole. Josh parle. Ça fait une éternité que tu ne l'as plus vue. T'as essayé de reprendre contact mais rien, aucun signe de vie. Ça fait tellement longtemps, trop longtemps. T'essaies d'être attentif aux paroles qui sortent de la bouche du roux mais c'est plus fort que toi, ton regard dérive à chaque fois un peu plus vers la blonde. Ça fait trop longtemps putain. Ton manège continue encore un moment. Tu fais mine d'écouter, tu hoches la tête quand t'es supposé le faire. T'entends mais tu n'écoutes pas. Tes yeux reviennent inlassablement se poser sur son dos. Si bien que dès qu'elle exquise le moindre geste, l'ensemble de tes muscles se tendent, tu es en alerte. Les secondes défilent, le manège tourne. De plus en plus vite. Et puis elle se redresse. Tu la fixes les yeux froncés. T'es décidé, si elle part, tu la suis. T'as besoin de lui parler. Marc te parle mais t'es incapable de continuer à prétendre. Tu restes là, tendu, sans bouger. Il suit ton regard. Elle s'approche de toi. Tu comprends pas pourquoi, tu penses qu'elle va continuer son chemin, peut-être qu'elle veut parler à Josh? Elle arrive à ta hauteur et elle s'arrête. Tu détournes le regard un instant vers Josh et Marc, mais y'a plus personne, ils ont disparu. La bouche entrouverte, t'essaies de recoller les morceaux. Tu peux pas croire qu'elle soit là devant toi, pour toi. Ton crâne s’inonde petit à petit de dizaines de questions qui s'évaporent rapidement. Parce qu'elle est là. A quelques mètres de toi. Ça faisait trop longtemps. Salut. Sa voix. Tu l'as entendue des centaines de fois répéter inlassablement les mêmes mots, les mêmes phrases sur son répondeur. Mais là, l'entendre de sa bouche, alors qu'elle se tient à quelques nuages d'air seulement de toi, c'est indescriptible. Tu sais pas quoi faire. T'es figé sur place, la bouche entrouverte, le cœur au bout des doigts, au bord des lèvres. Ça fait trop longtemps bordel. Tu hoches la tête, t'es même pas capable de lui répondre. Mec en carton. Je sais qu'on s'évite et c'est très bien comme ça, mais ce soir, tout le monde est là, on va devoir faire une trêve et prétendre que t'es pas le dernier des connards. Et là tu la regardes, tu te rends compte que si elle est venue, c'est juste par dernier recours, parce qu'elle veut pas se montrer vulnérable devant les autres. C'est pas parce que les choses vont s'arranger. Non. Et le château de cartes s'effondre. Tu clignes rapidement des yeux, tu chasses d'un coup de paupière tes regrets, tes sentiments, ce chantier qui prend place peu à peu en toi. T'essaies de faire abstraction de tout, comme d'habitude. Le dernier des connards. Ouais, ok, j'la mérite celle-là. Sauf qu'elle est là, devant toi, en chair et os. Tout ce que tu as envie de faire c'est la prendre dans tes bras. Mais tu peux pas. Alors tu hoches la tête une seconde fois, sans croiser son regard. Et puis t'écartes les bras, tu l'attires contre toi, comme tu l'aurais fait avant. Tu déposes un baiser sur son front, abstraction. Tu sens les regards pesants des autres sur vous alors tu fais comme elle te l'a demandé. Prétendre, jouer avec la vérité. Tu glisses quand même à la lisière de son oreille avant de t'éloigner de sa silhouette frêle ; Je t'ai jamais évité Saw. C'est seulement toi, juste toi. Mais la fin de ta phrase reste poussière. Je joue le jeu si t'acceptes qu'on parle plus tard, j'te demande pas la lune, dix minutes maximum? Et puis tu t'éloignes, tu poses une main sur son épaule, tu l'attires contre toi et tu forces un sourire à prendre forme sur tes lèvres. Tu m'as manqué. Tu jettes un œil autour de vous, le regard de vos potes te scinde la peau. Alors, quoi de beau depuis, heu- T'as jamais été doué pour jouer la comédie. Jamais. Depuis la dernière fois que je t'ai vue, ce qui ne remonte absolument pas à cinq moins ou plus? Tu fermes les yeux, ta main presse son épaule en signe d'excuse implicite à tout ce que tu vas foirer d'ici la fin de la soirée. Ça risque d'être long.

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MessageSujet: Re: friendship suicide   Mer 18 Fév - 21:18

Raf est là. T'avais eu la naïveté de pouvoir l'éviter encore un peu, mais il a toujours eu ce don de s'immiscer dans ta vie à des moments incongrus. Comme une vieille maladie chronique dont on arrive pas à se débarrasser. Malgré les antibiotiques. Malgré la mise en quarantaine forcée. Rafaël avait toujours fait partie de toi. Ca aurait été idiot de croire que tu pouvais continuer à vivre ta vie sans jamais plus avoir à le croiser. Son absence était aussi douloureuse que sa présence. Il avait laissé un trou béant de ta poitrine et t'as toujours pas trouvé le remède. C'est lui, habituellement, ton remède. C'est lui qui apaise tes maux. Mais aujourd'hui, c'est lui le responsable, l'assassin de tes illusions. T'aimerais pouvoir agir comme si cette nuit n'avait jamais eu lieu, comme s'il était encore le détenteur de tous tes espoirs, mais t'en étais incapable. Un regard vers lui et la plaie s'ouvrait à nouveau. Pourtant, tu dois prétendre que tout va bien, que votre amitié est toujours aussi belle qu'avant. Tu veux pas que les autres apprennent que t'es qu'une fille comme les autres pour lui, que même le poste de meilleure amie ne t'appartient plus. T'es pas assez bien pour monsieur. Tu l'as jamais été. Il t'a simplement fallu seize années pour t'en rendre compte. Pauvre idiote. Mais faut sauver les apparences. Une dernière fois. Alors t'avances vers lui d'un pas décidé. Puis vos regards se croisent et ta force vacille. T'as jamais été très courageuse pour l'affronter. Tu sais pas quoi lui dire. Ton salut sonne trop rauque, comme coincée dans ta gorge et tu dois fixer un point derrière lui pour ne pas céder à la pression. Des hommes, t'en as déjà remis à leur place. Mais jamais Rafael. Votre plus longue dispute a duré vingt heures après qu'il ait eu le malheur de dessiner sur un de tes dessins. Record battu désormais. Vous ne vous êtes pas parlé depuis des semaines. Y a des questions qui te démangent, des choses que t'as besoin de savoir avant de reprendre ta vie sans lui. Parce que Raf, ça a jamais été un mec comme ça, un mec de passage. Raf, c'était censé être la stabilité, l'éternité. Les cheveux blancs et les maisons de retraite te faisaient pas peur tant que tu finissais première à la course de chaise roulante. Tu te moqueras pas de lui quand il devra mettre un dentier. Parce que votre amitié était terminé. Et il avait suffit d'une nuit. Une seule nuit pour que vos projets éclatent en morceaux. Le dernier des connards. Ouais, ok, j'la mérite celle-là.  Celle-là et plus. Parce que tu lui en veux. Il te manque, mais il t'a blessé. Il a renforcé toutes tes insécurités. Il a confirmé cette voix dans ta tête qui t'as toujours crié que tu seras pas suffisante, que tu n'es pas suffisante. Ses bras s'enroulent autour de tes épaules, ses lèvres trouvent ton front. Ta respiration se coupe. Ton corps se fige. Pas ça, Raf. S'il te plaît. Mais l'assemblée a son regard posé sur vous alors tu joues la comédie. Maladroitement, tu le tapotes dans le dos. Lâche-moi. Je t'ai jamais évité Saw. Non t'as raison, c'est moi. Je t'ai évité. J'ai évité tous nos endroits préférés et après 16 ans de relation, ça fait un sacré nombre d'endroits. Je voulais pas te voir que tu te contentes de répondre, laconiquement, ton regard s'accrochant n'importe où sauf au sien. T'aurais pu lui dire la vérité, que c'était pas réellement l'envie de le voir qui te manquait, c'était simplement que tu l'aurais pas supporter. Tu devais endurcir ton cœur avant. Je joue le jeu si t'acceptes qu'on parle plus tard, j'te demande pas la lune, dix minutes maximum? Ton regard finit par entrer en collision avec le sien. Dix minutes, c'est trop. Dix minutes, c'est peu. Tu m'as manqué. Y a un truc qui se fissure dans ta poitrine. Tais-toi, Raf. Tais-toi. Arrête de nourrir l'espoir. Me fait pas croire que je compte. Alors, quoi de beau depuis, heu- Depuis la dernière fois que je t'ai vue, ce qui ne remonte absolument pas à cinq mois ou plus? Tu roules des yeux. Idiot. T'attrapes ses doigts sur ton épaule et les enlèves. Ce simple contact te brûle tout le corps, comme le pire des acides. Le réconfort n'existe plus. Tu finis par te mettre face à lui, dos à tous ces regards médisants, tes bras croisés sur ta poitrine pour éviter à tes doigts de retrouver le contact des siens. Deux minutes, pas dix. On a rien à se dire toi et moi, tu as été très clair à ce sujet que tu murmures entre tes dents, avant qu'un sourire affreusement faux se dessine sur ton visage. Tes yeux azurs s'assombrissent, malgré ton sourire d'idiote. Oh Raf, pauvre idiot. Un rire s'échappe de tes lèvres. Ton rire de fausse blonde prête à tout pour l'attention d'un homme, un rire que tu ne lui avais jamais adressé avant ça. Rien de beau depuis hier et notre cinéma avec Gabriel. Fausse désinvolture. Tu devrais pas te servir de votre relation pour lui faire du mal, mais c'est plus fort que toi. Il est là et ta maturité disparaît. Parce que rien ne va dans ta vie. Il n'en fait plus partie et il y a une part de toi qui manque. Et toi ? Et toi, dans tout ça ? Et toi, tu te sens aussi un peu perdu sans moi?

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