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 + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)

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MessageSujet: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Mer 14 Jan - 15:10


Trois mois. Trois mois que nous sommes arrivés sur sol californien. Trois mois que notre road trip s’est terminé et que l’on s’est enfin posé dans la ville de notre objectif. Trois mois que nous avons trouvé notre petite routine avec Ariel. On essaie de bouger le van deux ou trois fois par semaine pour ne pas se prendre une amende de stationnement. Le matin, il m’amène au travail et le soir il revient me chercher après ma journée au ranch. Oui, au ranch. Deux ou trois jours après avoir démissionné de mon poste illégal de barmaid, Ariel m’a emené faire le tour des ranchs, fermes et autre manèges aux alentours de la ville. Ca m’a un peu rappelé notre périple à travers les Etats-Unis lorsque nous étions perdu en plein Texas et qu’on mourrait de chaud sous le soleil. Finalement, c’est au bout du troisième jour que j’ai été engagée dans un ranch à l’ouest de la ville. Le terrain appartient à une famille de paysans qui se sont reculés de la ville pour élever leur fille trisomique. En voyant qu’elle allait beaucoup mieux en présence d’animaux, ils ont décidé de développer leur terrain pour pouvoir accueillir des animaux de la ferme ainsi que des chevaux. Ils ont improvisé un mini-manège seulement destiné aux enfants handicapés mentaux. Le problème c’est qu’à deux, il leur est impossible de s’occuper de la ferme, des animaux et des cours équestres. Sans parler de toute l’attention que leur fille Abigail leur demande… Du coup, lorsque nous nous sommes garés dans la cours de la ferme digne de la famille Ingals, la famille n’a pu être que heureux de voir que je cherchais du travail et que je voulais toucher à tout. Je leur ai parlé de mes qualités de cavalière et m’ont ainsi engagé pour donner les cours d’équitation aux enfants handicapés ainsi qu’à aider à s’occuper des animaux de la ferme. Inutile de dire que je me suis retrouvée aux anges. C’était exactement ce que je cherchais et en plus, c’était pour une noble cause. La famille Caldwell ne peuvent pas me payer beaucoup mais ils sont très arrangeant ce qui est parfait pour une nomade comme moi. Le seul hic, c’est que c’est quand même assez en dehors de la ville et que du coup, Ariel doit faire le taxi matin et soir pour m’amener puis revenir me chercher au ranch. Je pense me trouver un vélo d’occasion pour éviter à mon ami de devoir se taper de la route après une journée de travail mais j’ai du mal à faire des économies.

Avec Ariel, nous avons récemment pu changer la fermeture arrière du van, ce qui a beaucoup puisé dans nos réserves mais on a toujours réussi à manger et s’acheter de quoi faire notre toilette donc on ne se plaint pas. Et c’est le mode de vie que nous avons choisi. Lorsqu’on se lève le matin, on va se laver et se préparer dans les toilettes de la gare où avec 5$ on a le droit d’utiliser la douche, les toilettes ainsi que le sèche cheveux. Bien sur, ça fait un gros trou dans notre budget aussi mais on se permet ce petit luxe maintenant que nous sommes arrivés à destination. Quant à notre relation, elle est plus ou moins au beau fixe. Il m’arrive souvent d’avoir le moral dans les chaussettes parce que mon frère me manque et parce que j’ai de plus en plus de mal à voir Ariel comme un simple ami mais quand je vois les efforts qu’il a fait ces dernières semaines pour ne plus me laisser seule, je préfère ravaler tout ce que je peux ressentir et tout ce que j’ai envie de lui dire pour simplement profiter de sa présence et de son sens de l’humour. Même si souvent la nuit je l’observe à la dérobée en m’imaginant le goût que ses lèvres doivent avoir. Bien heureusement, mes journées au ranch m’épuisent assez pour que je finisse par m’endormir presque immédiatement après mes quelques minutes de réflexion.

Aujourd’hui est une journée plutôt banale même si quand on aime ce qu’on fait, il n’y a pas vraiment de journée banale. Ariel m’a déposé ce matin au ranch assez tôt pour qu’il puisse à son tour arriver à l’heure sur son lieu de travail et comme la famille dormait encore à ce moment là, je me suis introduite dans leur cuisine pour leur préparer le petit-déjeuner que nous avons l’habitude de prendre tous les quatre. Je me suis permise de fouiller dans le congélateur pour trouver des cerices du grand arbre à côté de l’étable et en faire une bonne confiture. J’ai de la chance d’être matinale. Une fois qu’ils se sont tous levés et que nous avons mangé, j’ai pris Abigail sous mon aile pour qu’elle m’aide à m’occuper des animaux avant mon premier cours de la journée. On a commencé par donner à manger aux chèvres et aux poules, puis on s’est amusées à éparpiller du foin sur le sol du clapier des lapins et elle a finalement insistlé pour m’aider à brosser les chevaux et les sceller pour les cours. Abigail est une jeune femme plus fûtée que ce qu’on croit. Le fait qu’elle ait un souci de chromosome s’oublie immédiatement quand on la voit évoluer dans l’espace. Et la première fille à qui je vais donner son cours d’équitation aujourd’hui est une de ses copines. La journée s’est donc déroulée de la sorte ; j’ai enchainé les cours, on a tous mangé ensembles à midi et j’ai passé tout l’après-midi à m’occuper des boxes des chevaux et je les ai baigné pour leur ôter la boue des pattes. C’est en entendant le bruit singulier du moteur du van que je me suis rendue compte qu’il était déjà dix neuf heures et qu’Ariel est là pour venir me chercher… Mais ce soir, je lui ai réservé une petite surprise. J’ai bien entendu demandé la permission à Monsieur Caldwell et je me suis organisée de mon côté. « T’as passé une bonne journée ? » demandais-je à mon ami en le voyant sortir du van pour me rejoindre au centre de la cour. Je n’attends pas vraiment sa réponse que je le prends par la main et l’attire dans la grange où se trouvent les chevaux. Deux d'entre eux sont sellés et prêts à partir. J’ignore les questions d’Ariel et lui lance une bombe ainsi qu’une paire de bottes appartenant à Monsieur Caldwell. Moi même encore habillée comme une cavalière, j’attrape les rennes des deux chevaux pour les faire sortir du boxe. « Tiens. Je te présente Hendrix et Marley. » Oui, on reconnaît de suite les goûts musicaux de mes patrons. « J’ai un coin à te montrer. Tu te mets en selle ? » J’affiche un petit sourire taquin en coin, me mordant la lèvre d’impatience.


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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Jeu 15 Jan - 21:22




Cela faisait à présent un peu plus de trois mois que les deux meilleures amis avaient posé leurs valises à San Francisco, plus ou moins définitivement. Enfin, valises ; ils n'en avaient pas vraiment. Elles leur servaient plutôt d'armoire, à vrai dire, et c'était le van entier qu'ils avaient garé dans cette grande ville, peut-être un peu trop citadine pour eux, mais qui leur plaisait malgré tout. Afin de garder un peu le charme de leur road trip et, surtout, pour ne pas se lasser, ils changeaient régulièrement de place ce qui était leur seule maison ; mais toujours dans les limites de San Francisco. Ils étaient des nomades à l'intérieur de la ville. Cela leur permettait de conserver leur train de vie libertaire, tout en ayant un ancrage qui leur était devenu indispensable, après toute une année sur les routes des États-Unis. Cela faisait tout juste trois mois qu'ils avaient eu la fameuse discussion, la fameuse dispute et, deux jours plus tard, la fameuse réconciliation. Depuis ce moment-là, depuis cette première nuit passée aux côtés de Devon après deux jours éloignés d'elle et plus encore à dormir dans les bras de californiennes, Ariel avait compris que quelque chose avait changé en lui, par rapport à elle. Quand elle s'était blottie contre lui et qu'il l'avait entouré de ses bras, son cœur avait eu un raté. Depuis, il en avait eu d'autres, des ratés ; il ne voulait cependant toujours pas mettre de mots sur tout ça, parce que ça lui faisait terriblement peur. Alors il ne les prononçait pas, pas même mentalement. Pourtant, les sentiments remplissaient petit à petit, de plus en plus vite, son petit cœur jusqu'alors fermé à tout ça, et le blond savait qu'un jour ils déborderaient, qu'un jour il faudrait qu'il se l'avoue à lui, au moins, si ce n'était à elle. Un jour, oui, mais pas aujourd'hui. C'est ce qu'il se disait à chaque fois : alors il procrastinait. Il se contentait d'observer sa meilleure amie à la dérobée quand elle ne le voyait pas et à se torturer les méninges à la nuit tombée, à se poser dix millions de questions alors qu'il sentait son souffle contre son cou.

Depuis trois mois, aussi, Devon avait trouvé un nouveau travail. Même s'il avait fallu parcourir les campagnes environnantes pendant trois jours, ce n'était au final que trois jours ; ce qui était toujours moins que ce qu'ils avaient pu espérer. Une fois la bonne ferme trouvée, la brune n'avait eu aucune difficulté à se faire embaucher par la famille Caldwell. Ariel était sincèrement heureux pour son amie, parce qu'au lieu de la voir rentrer la tête baissée et les poings crispés, maquillée et habillée comme une fille qu'elle n'était pas, il allait chercher une jeune femme la tête haute et le sourire aux lèvres, vêtue d'habits qui n'appartenaient qu'à elle, des brins de paille encore coincés dans ses cheveux. C'est exactement dans cet état-là qu'il la retrouva en arrivant sur les coups de sept heures. Il ferma la porte conducteur et testa bien la poignée pour être sûr qu'elle était correctement bloquée. Depuis qu'on leur avait volé le van, Ariel redoublait de précautions pour être certain que cela ne se reproduise pas une deuxième fois. Même s'ils avaient récemment pu acheter une nouvelle porte arrière, il n'était jamais complètement rassuré quand il s'agissait de quitter son précieux véhicule, ne serait-ce que pour s'en éloigner de quelques mètres. Il avait bien fait ce soir, pourtant, de le verrouiller complètement. En effet, Devon ne le rejoignit pas comme d'habitude afin de rentrer à San Francisco le plus rapidement possible. Non, après lui avoir brièvement demandé comment sa journée s'était passée, elle attrapa la main de son meilleur ami et l'entraîna hors de vue du van. Ariel fronça les sourcils, ne comprenant pas trop où elle l'emmenait et pourquoi faire, et répondit machinalement à la question qu'elle lui avait posé. « Hm, oui, la routine. » C'était devenu ça, la routine. Il travaillait toujours en tant que serveur au Starbuck's, il avait toujours les mêmes horaires pénibles, le même salaire moyen. Au départ, Ariel s'était réjouit de ce job, parce que son emploi du temps semblait alléchant, de même que les revenus que lui avait proposé le patron. Malheureusement, les horaires avaient rapidement tourné à son désavantage une fois les quelques jours d'essai terminés, et le salaire, même s'il était plus élevé que n'importe quel boulot qu'il avait effectué depuis son départ du Canada, ne crevait pas le plafond et n'évoluait pas non plus. Ariel en avait marre de cette hiérarchie où avoir de l'ambition de gravir les échelons étaient un doux rêve irréalisable, où la possibilité d'évolution était nulle. Lui, il rêvait d'ouvrir son propre café où tout le monde serait sur un pied d'égalité, où tout le monde aurait des primes de temps à autres pour les remercier de leur travail et où tout le monde aurait le droit à des promotions si les marges étaient bonnes. Malheureusement, il n'avait aucun moyen de se lancer dans ce projet parce qu'il n'en avait tout simplement pas les moyens, qu'aucune banque ne voudrait prêter de l'argent à un pauvre baroudeur et qu'il lui faudrait donc des années de dur labeur avant de pouvoir envisager d'ouvrir le café qu'il s'imaginait, sans aucune assurance que son affaire fonctionne. Alors en attendant, Ariel continuait de s'ennuyer derrière son comptoir, de se forcer à sourire, d'insulter par la pensée tous ces hommes d'affaires pédants qu'il détestait. Pour se consoler, il se répétait qu'un jour, une opportunité de faire un métier qu'il appréciait et qui le valoriserait se présenterait, et qu'il la saisirait. Il n'avait plus qu'à attendre, encore et toujours. Il arrivait néanmoins à se réjouir pour sa meilleure amie et se contentait de ça pour le moment.

Ariel haussa les sourcils à plusieurs reprises à l'approche de la grange, Devon le tirant toujours par le bras. « Petite cachottière » lança-t-il, enjoué et rieur. Son sourire se fana cependant bien vite quand il aperçu deux chevaux sellés, à quelques mètres de lui. « Non non non. » Il fit demi-tour, puis s'arrêta. Il fit volte-face et bombarda sa meilleure amie de questions. « Tu comptes faire quoi là ? Que NOUS fassions quoi ? Tu veux que je fasse du cheval ? T'es sérieuse ? Et t'as le droit au moins ? Tu vas pas te faire engueuler ? » Sa meilleure amie se contenta de sourire et de lui lancer le nécessaire du cavalier, qu'il attrapa maladroitement. Il écarquilla les yeux. Hendrix et Marley, c'était la meilleure. Des chevaux avec des noms pareils. Des frissons traversèrent le corps du jeune homme, qui paniquait de plus en plus, à mesure que les chevaux se rapprochaient de lui, tirés par Devon. Il fit marche arrière, terrifié. « Dev', tu peux pas me faire ça. Tu sais qu'on s'entend pas bien, les chevaux et moi… » Ariel replongea quelques dix années en arrière. La brune l'avait invité à un de ses cours d'équitation, pour l'initier au sport qu'elle aimait tant. Il y était allé de bon cœur, mais était bien vite redescendu sur terre… au sens propre du terme. Le cheval – ou peut-être le poney, ce qui était probablement pire – sur lequel il était, l'avait fait valdinguer et Ariel s'était retrouvé les quatre fers en l'air. En dehors de l'immense honte qui l'avait submergé, il avait eu mal au coccyx pendant un mois et n'avait pas pu s'asseoir pendant deux semaines sans grimacer de douleur. Il n'avait vraiment pas envie de revivre ça. La petite moue malicieuse de Devon le narguait et il fronça les sourcils de plus belle. Docile, il attacha malgré tout sa bombe. Il était persuadé d'avoir l'air atrocement idiot, en plus de ça. Super viril. « Je, euh, on peut pas y aller à pieds, à ton petit coin ? Je te jure que j'ai grave envie d'aller le voir, mais je serais plus rassuré si mes deux pieds touchaient le sol, tu vois ? » Il s'approcha d'un des deux chevaux et se risqua à lui tapoter l'encolure d'une façon qui se voulait gentille. « T'es un méchant, toi ? » demanda-t-il à l'animal, comme s'il allait lui répondre. Il se tourna vers sa meilleure amie, se mordant la joue. Il n'en menait pas large. « Tu… je vais avoir besoin d'aide Dev'. » Ariel prit une grande inspiration. Il s'était finalement décidé à faire un effort ; après tout, sa dernière expérience avec les chevaux remontait à bien loin à présent. Et puis, il voulait faire plaisir à Devon. Il subsistait néanmoins toujours un doute, toujours une peur. « Tu veux pas me le tenir ? Pour être sûr qu'il se barre pas alors que je suis pas bien assis dessus… » La panique pouvait se lire sur son visage, mais il essayait dorénavant de la cacher du mieux qu'il le pouvait. Il fallait qu'il se montre fort. Digne d'un homme, digne de Devon ; comme si ça lui avait importé, jusque là, que sa meilleure amie le considère comme quelqu'un de viril et d'assuré en toutes circonstances.

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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Ven 16 Jan - 19:41


J’ai envie de folie, j’ai envie de m’amuser. Pour retrouver un peu ce qu’on a vécu ces douze derniers mois et que sur un coup de tête on allait se baigner dans une rivière ou qu’on décidait à la dernière minutes de changer de ville pour une autre qui n’était pas prévue. C’était l’aventure et on rigolait toujours. Il nous est arrivé tellement de moments de bonheur que j’ai un peu envie de retrouver ça dans notre petite routine qui s’est installée. On passe notre journée à travailler chacun de notre côté et quand on se retrouve le soir, il m’arrive de m’endormir dans la voiture, bercée par la conduite d’Ariel et le matin on est trop pressés d’aller se doucher et se préparer pour finalement se poser et boire un café en discutant. Ce soir, j’ai envie de briser un peu ces petites habitudes. Je sais qu’il est peut-être un peu tard et qu’on sera sûrement crevés de se lever demain matin mais c’est pas grave, on récupérera dimanche. Comme d’habitude, le van entre dans la cour de la ferme des Caldwell. Je souris, comme toujours, ravie de revoir mon ami. Surtout que cette fois, je lui ai concocté une petite surprise qui va sûrement lui déplaire au début mais qui risque de devenir franchement amusante par la suite. J’ai demandé la permission à Monsieur Caldwell d’emprunter Marley et Hendrix pour faire une petite balade au coucher de soleil. J’ai repéré un petit coin de paradis, pas très loin d’ici et ça serait juste parfait de pouvoir y emener mon meilleur ami. Je vois bien, au premier abord qu’Ariel semble un peu blasé par sa journée de travail. Je n’attends donc pas une seconde de plus pour le tirer par la main et l’attirer dans l’écurie où se trouvent les deux chevaux déjà prêts à être montés. Sa première réaction en découvrant les deux chevaux fut celle à laquelle je m’attendais pour être honnête. Je sais que le jeune homme ne rafolle pas vraiment de leur présence pour l’avoir souvent entendu râler lorsque je lui demandais de venir me voir monter au Canada mais j’ai envie de le pousser un peu dans ses retranchements. Je n’ai pas le temps de le convaincre de rester que le jeune homme me bombarde de questions. Je le regarde, me mordillant la lèvre inférieure pour ne pas éclater de rire. Sa tête est vraiment trop drôle à voir, on dirait que je viens de lui présenter Dark Vador en personne. « Mais non je ne vais pas me faire engueuler gros imbécile. » Je lui lance le matériel qu’il doit enfiler pour sa propre sécurité puis j’attrape les deux bêtes pour les faire avancer un peu vers la sortie de la grange. Je vois Ariel se crisper. Pourtant, il attache sa bombe sur le sommet de sa tête et je me retiens encore de rire en voyant la tête que ça lui fait. « Approche. Ils sont super gentils. Monsieur Caldwell ne ferait pas monter des enfants handicapés sur eux sinon… » Ariel s’avance vers Hendrix et d’une main tremblante lui caresse le cou. Je souris, lançant un regard encourageant vers mon ami qui semblait rassembler tout le courage qu’il pouvait trouver jusqu’au fond de ses entrailles. Finalement, décidé à quand même voir cet endroit dont je lui ai parlé, il me demande un petit coup de main. Je réfléchis une fraction de seconde avant d’attacher Marley à Hendrix. Peut-être que pour l’aller, c’est mieux que je monte avec Ariel. Je m’en voudrai qu’il panique et qu’il tombe. Ce n’est pas le but qu’il se fasse mal… Toujours aussi paniqué, Ariel tenait des propos incohérents. « Tais-toi un peu. Même lui tu le soûles. » Je rigole avant d’enfiler ma propre bombe et de mettre ma longue tresse de côté. « Je vais monter avec toi, c’est mieux. » Je prends appui sur la selle, cale mon pied dans l’étrier et me hisse sur l’animal qui m’a déjà porté ce matin durant un cours. Je m’installe confortablement et maintiens bien les rennes dans ma main droite. De ma main gauche, j’attrape celle de mon ami. « Cale bien ton pied dans l’étrier et pousse avec ton autre jambe pour grimper. Je le tiens, il ne cherchera pas à partir, promis. » J’envoie un regard le plus tendre possible à mon ami et l’aide à se hisser sur l’animal même si c’est un peu maladroit. Ce qui est normal quand on n’a pas l’habitude. « Tiens toi à ma taille. » dis-je en m’avançant le plus possible sur ma selle et en calant mes pieds dans les étriers pour bien pouvoir diriger Hendrix. J’attends qu’Ariel soit bien installé même si je peux le sentir trembler dans mon dos. « Tu me fais confiance non ? » Je n’attends pas vraiment de réponse. Nous sortons tranquillement de l’écurie, Marley bien attaché qui marche à côté de nous. On va peut-être éviter le galop pour la première fois d’Ariel. « Tu m’empêches de respirer ! » mentis-je à mon meilleur ami pour le détendre un peu tant je le sens crispé contre mes hanches. « On va aller un peu plus vite, ça va aller. » Le soleil a déjà bien amorcé son coucher à l’horizon et je ne veux vraiment pas manquer ce moment. Le cheval répond à ma demande et on se met à trottiner plus rapidement. Je peux sentir Ariel sauter contre mon dos, signe qu’il est toujours bien là.

J’aime tellement ce paysage. Je l’ai découvert il y a une petite semaine seulement, quand Abigail m’a demandé de faire une autre balade que notre habituelle virée vers la rivière. On a suivi le cours d’eau pour finalement arriver au milieu d’une forêt. Je tiens vraiment à montrer ça à mon meilleur ami. Nous suivons donc la rivière et nous enfonçons dans la forêt, rendant la visibilité un peu moins bonne mais au bout d’un petit quart d’heure, on arrive au centre de la forêt. Au-dessus de nos tête, le ciel est rose-orangé et devant nous, une petite cascade fraye son chemin pour terminer sa course dans un petit lac. L’endroit est juste magnifique. « Ca va ? » demandais-je à Ariel une fois que j’ai fait arrêter le cheval près d’un grand arbre. « Laisse toi glisser sur le côté et passe ta jambe par-dessus. » Je tiens quand même fermement le bras du jeune homme pour éviter une catastrophe mais une fois qu’il a rejoint la terre ferme, je descends à mon tour du cheval et attache celui-ci à l’arbre. Je retire ma bombe et serre un peu mon gilet sur ma poitrine. Dans la saccoche accroché à Marley, je sors un thermos de bon chocolat chaud préparé par Madame Caldwell juste avant l’arrivée d’Ariel au ranch. J’attire le jeune homme près de l’eau et m’asseye directement dans l’herbe avant de nous servir deux tasses de chocolat chaud. « Ne m’en veux pas, mais je n’avais pas vraiment envie de rentrer tout de suite. Et j’ai bien vu que ton job te blase donc je me suis dit que ça te ferais du bien de voir autre chose. Qu’en dis-tu ? »


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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Lun 19 Jan - 19:08




Ariel n'était pas rassuré et ça se voyait, même s'il faisait de son mieux, à présent, pour ne pas le montrer. Il ricana nerveusement quand Devon mentionna que le propriétaire de l'écurie ne se permettrait pas de mettre des mauvais chevaux à la disposition d'enfants handicapés. Il ne savait pas trop s'il devait se comparer à eux, ou non. Il était persuadé néanmoins qu'il avait plus peur qu'eux ; il était persuadé que ceux-là même qui étaient pointés du doigt par à peu près tout le monde, même par les personnes un tant soit peu ouvertes d'esprit malheureusement, feraient très certainement meilleure figure que lui. Il admirait sa meilleure amie de travailler eux. Il savait que ce n'était pas forcément une chose facile. Cela n'avait déjà pas été aisé de s'occuper de sa petite sœur, alors qu'elle n'était que paraplégique. Elle avait toute sa tête et pourtant, Dieu sait qu'ils en avaient rencontrés des obstacles, dans la vie de tous les jours. Ariel n'imaginait pas le travail que cela pouvait demander de s'occuper non pas d'un, mais de plusieurs enfants, qui plus est handicapés, qui plus est handicapés mentaux, s'il ne se trompait pas. La brune devait avoir beaucoup de courage et de patience ; mais son meilleur ami n'avait jamais douté de ses capacités. De ses idées farfelues, un peu plus, par contre. Elle ne s'était cependant pas trop moquée de lui et avait même proposé qu'ils montent à deux sur le cheval, dans un premier temps. Ariel, toujours un peu sceptique quant à cette excursion équestre, ne trouva même pas une petite réplique à dire. En fait, ses réflexions taquines se faisaient de plus en plus rare, ces derniers temps, parce qu'à chaque fois qu'il en lançait une dorénavant, il se posait la question de savoir si c'était réellement une blague ou s'il n'y avait pas une petite part de vérité, au fond, une petite part de lui qui voulait que cela se réalise. Les ouh, sexy ! et autres mais c'est qu'en fait tu peux plus te passer de mon corps étaient donc de moins en moins de sortie, parce qu'Ariel était de plus en plus confus par rapport à ce qu'il en pensait.

Devon grimpa donc sur le cheval et son meilleur ami fit de même, suivant les conseils qu'elle lui donnait. Il espérait sincèrement qu'il y arriverait du premier coup, parce qu'il ne voulait pas se ridiculiser en n'étant pas même capable de monter sur un cheval alors qu'on se débrouillait pour l'immobiliser. À sa surprise et sa grande satisfaction, il y arriva sans problème. C'était déjà un problème de réglé. Il esquissa un sourire, assez fier de lui même si ce n'était pas grand chose. Ne disait-on pas qu'il n'y avait pas de petits progrès ? « Oui, chef ! » lança-t-il alors quand elle lui ordonna de s'accrocher à sa taille, là encore préférant ne pas la taquiner. Il s'accrocha donc à sa meilleure amie et se rapprocha d'elle, veillant à être bien stable. Il ne manquerait plus qu'elle parte au galop et qu'il soit propulsé de la selle. « Bien sûr que j'ai confiance en toi » assura le jeune homme, alors qu'elle faisait avancer les deux animaux, celui où ils étaient assis et celui qui était accroché à côté. Son sourire se transforma pourtant rapidement en grimace alors qu'ils avançaient lentement. Il se sentait un peu rassuré par la présence de la brune, mais il n'était pas complètement à l'aise et il craignait réellement de tomber à chaque pas que faisait Hendrix. « Oups, pardon ! » Ariel retira aussitôt ses mains, ne voulant pas étouffer Devon, mais se ravisa rapidement et attrapa de nouveau sa taille. S'il avait des vertiges en la tenant, cela ne s'améliorerait certainement pas les mains libres. « Plus rapide ? Mais sérieusement ? » Les yeux brillants, Ariel haleta, peureux comme il l'était rarement. « On était bien, je trouvais. » Il bouda à la manière d'un petit garçon, mais il arrêta bien vite, se rappelant que sa meilleure amie ne pouvait de toute façon pas le voir. Alors que le cheval se lança au trot, il se serra davantage encore contre Devon et lia ses mains sur son ventre. Il se sentait si faible, si peu viril. Il était en ce moment à l'opposé complet de l'image d'homme courageux qu'il aimait s'attribuer. Il plaqua son front contre l'omoplate de sa meilleure amie et souffla à intervalles réguliers pour se calmer, se concentrant sur les cheveux de la brune qui lui chatouillaient la joue. Dès qu'elle arrêta le cheval, Ariel se redressa. Il remarqua alors qu'ils étaient au plein milieu de la forêt, à quelques pas d'un petit ruisseau. Il n'y avait pas d'autres bruits que leur respiration, celle des chevaux, le crissement des insectes et celui des petites branches qui jonchaient le sol. Son visage reprit des couleurs et un sourire se dessina de nouveau sur son visage. Il détacha l'emprise qu'il avait sur sa meilleure amie et fit même la folie de poser ses mains derrière lui, sur le cheval, pour s'étendre légèrement et observer le paysage qui s'offrait à lui. « Ça va très bien. C'est magnifique, Dev'. » Finalement, l'angoisse qu'il avait eu durant le trajet valait bien le coup. Il entreprit alors de descendre d'Hendrix, la brune l'aidant malgré tout. Une fois les pieds au sol, il fut complètement rassuré et reprit de l'assurance. Il enleva sa bombe quand Devon fit de même. « T'as froid ? » demanda-t-il, alors qu'elle resserrait son gilet contre elle. Il avait lui-même revêtu plusieurs couches, ayant toujours beaucoup trop froid en sortant du Starbuck's, le chauffage à l'intérieur étant à sa puissance maximum, sans compter la préparation des boissons chaudes et la chaleur que dégageaient naturellement les clients, ce qui contrastait avec la température extérieure. Il retira le pull qu'il avait enfilé par-dessus son sweat-shirt et le déposa sur les épaules de la brune. Il la suivit au bord du ruisseau et s'assit juste à côté d'elle. « Aouch » gémit-il, avant de passer la main sous ses fesses et d'en retirer une feuille de houx, qu'il jeta au loin. « C'est mieux, comme ça. » Il esquissa un sourire et posa son regard sur l'eau qui s'échappait de la petite cascade. Il tourna la tête vers Devon, quand elle reprit la parole. « Oh, je t'en veux énormément » répliqua-t-il pour blaguer, avant d'ajouter, « C'est génial Devon, vraiment. Merci beaucoup. » Il tendit la main pour attraper le thermos et l'ouvrit, plaçant son nez juste au-dessus pour en humer l'odeur. « Hmm, ça c'est du vrai chocolat chaud. » Ça sentait la bonne boisson faite maison, comme il en avait rarement bu dans sa vie. Ce n'était certainement pas ses parents qui lui en auraient préparé, puisqu'ils ne cuisinaient pas, et les domestiques qui s'occupaient des repas et du goûter des enfants ne faisaient pas vraiment ça avec amour. « Rien à voir avec Starbuck's. » Il rigola faiblement, un peu tristement. Avant d'y travailler, il adorait les préparations qui s'y vendaient, même si c'était un peu cher - ou parce que c'était cher. La saveur semblait augmenter avec les dollars et, comme c'était un plaisir rare, c'était un plaisir meilleur. Maintenant qu'il y travaillait, cependant, il avait le droit aux macchiatos et autres cafés chantilly à longueur de journée, et il s'était rendu compte qu'ils n'avaient rien de particulièrement transcendants, en dehors du fait qu'il commençait à s'en lasser. Ça lui faisait du bien, enfin, d'être au contact de la nature, au cœur de la nature, et d'avoir la chance de pouvoir boire une préparation qui ne sortait pas d'une machine en fer. « C'est parfait » reprit Ariel, le regard plongé dans celui de Devon. Il fit un geste de la main, désignant tout ce qui les entourait. « La forêt, la rivière, le chocolat. Toi. » Il esquissa un sourire amusé avant de reporter son regard à l'horizon, observant les lueurs orangées du soleil qui se reflétaient sur l'eau du ruisseau.

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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Dim 25 Jan - 9:11




+ + +
(rêvons un peu...)

Les rôles se sont quelque peu inversés. Ariel qui est d’ordinaire aventurier et courageux, devient un petit garçon apeuré, qui s’accroche à sa meilleure amie comme s’il risquait de s’envoler. Moi, normalement petite froussarde sur pattes, je me sens tout à fait dans mon élément sur le dos de Hendrix. Je retrouve les sensations que j’avais lorsque je montais mon cheval au Canada. J’aimais partir tout un dimanche en balade dans la neige. Je rentrais complètement frigorifiée mais j’avais la tête et l’esprit complètement vides. C’était un de mes seuls moyens pour faire abstraction de mes problèmes quelques instants et m’ouvrir un peu plus au paysage qui m’entourait. J’ai toujours été une amoureuse de la nature mais ça s’est accentué en montant à cheval. J’ai découvert des endroits tout simplement magnifiques grâce à ça et c’est exactement ce qui se produit ici, en bordure de San Francisco. Je ne pouvais tout simplement pas dormir une nuit de plus en sachant qu’Ariel n’a pas vu ça de ses propres yeux. Durant tout notre road trip, on s’est émerveillés des paysages et des petits coins de paradis que nous avons trouvé. On a toujours été sur le même longueur d’onde à ce niveau là. D’ailleurs, nous avons un rêve en commun ; aller au Grand Canyon. On aurait pu le faire en descendant sur San Fransisco mais on avait plus un sous et ça aurait vraiment été difficile de trouver du travail là-bas. Mais ce n’est que partie remise. Quoi qu’il en soit, on partage le même amour pour la nature et les paysages, je sais donc que je ne peux pas me tromper en l’emmenant vers la rivière et sa petite cascade même si pour ça, il faut qu’il mette son égo de côté et qu’on y aille à cheval. On aurait pu y aller à pieds mais je pense que nous sommes tous les deux siffisamment fatigués par notre journée de travail et on aurait mis beaucoup plus de temps. On a pas vraiment le temps autrement de s’y rendre donc c’était ce soir ou jamais.

Je suis quand même contente que malgré sa phobie des chevaux, Ariel me fasse confiance quasiment les yeux fermés. Je ne sais pas comment j’aurai réagi s’il m’avait dit qu’il ne bougerait pas du sol au ranch. Plus on s’enfonce dans la forêt, plus je suis convaincue qu’il me remerciera. Enfin, si j’y arrive avec mes deux poumons vu comme le jeune homme me serre contre lui. Il a tendance à oublier que je suis un petit gabarit. On arrive enfin au but de notre petite balade équestre. J’aide mon meilleur ami à poser ses deux pieds au sol puis je le rejoins en retirant ma bombe. Je veille à ce que les deux chevaux soient bien attachés et j’attire Ariel vers le bord de la rivière. J’enfile le pull qu’il m’a si gentiment posé sur les épaules et m’envire quelques secondes de son odeur. Mon cœur se met immédiatement à battre plus rapidement dans ma poitrine et il me faudra tous les efforts du monde pour ne pas me mettre à pleurer. Nous nous asseyons sur le sol et je crois comprendre que mon ami s’est assis sur une feuille de houx, ce qui m’arrache évidemment un petit sourire qui reste bien mélancolique. Je sors le thermos de chocolat chaud fait par Madame Caldwell et Ariel le complimente immédiatement. Je l’adore également. Elle vient toujours nous en servir quand je suis dehors avec Abigail et que la fin de journée commence à se faire ressentir par la baisse de température. J’essaie ensuite de tirer un peu les vers du nez à Ariel sur son job mais je comprends qu’il ne m’en parlera pas. Ca m’attriste un peu parce que je vois bien qu’il est fatigué de ce travail… J’ai de la chance, j’ai trouvé ce qui me convenait et j’aimerais qu’il en soit de même pour Ariel… Mais le jeune homme semble apprécier la tournure qu’a pris cette fin de journée, c'est tout ce qui compte. Je lui souris avant de prendre ma tasse de chocolat chaud entre mes deux mains et d'en boire une gorgée. Ca me réchauffe immédiatement de l’intérieur. J’enfonce ensuite la boisson dans la terre et me penche en arrière, prenant appui sur mes coudes. J’étends mes jambes devant nous et profite de la vue qui s’offre à moi. C’est tellement reposant, tellement nous. On pourrait vivre comme ça, tous les jours. Le parfum qui se dégage du pull d’Ariel me monte aux narines et je me sens comme enveloppée d’un petit nid douillet. Je dois avouer, j’ai beaucoup limiter nos câlins et nos contacts physiques depuis notre dernière dispute en date. J’aime quand il me prend dans ses bras, j’aime m’endormir contre lui mais je me suis rendue compte que ça me faisait plus de mal qu’autre chose finalement. J’appréciais le moment mais je ne pouvais pas m’empêcher de rêvasser d’un peu plus. Je n’ai pas envie de me mettre à pleurer sans aucune raison devant lui alors j’ai préféré limiter nos gestes d’affection… Porter son pull, me rappelle à quel point ça me manque. A quel point son odeur me calme et me réconforte. Je sens les larmes me monter aux yeux quand je finis par me redresser pour boire une nouvelle gorgée de chocolat chaud pour chasser mes pensées le plus loin possible. « Est-ce que tu veux que je demande à Monsieur Caldwell s’il a besoin d’un coup de main dans les champs ? Ca serait assez physique mais au moins on travaillerait ensembles et on pourrait laisser le van à proximité du ranch. » Je sais que notre but était de venir à San Francisco et même si j’adore cette ville, notre place est surtout dans la nature. Rien ne nous empêche de passer la semaine au ranch et d’aller en ville le weekend pour faire des courses et aller vadrouiller un peu. Et puis, travailler avec Ariel n’est pas quelque chose qui me déplairait.

Je m’allonge complètement sur le sol, me concentrant uniquement sur le son de la rivière à nos pieds. J’ai envie d’arracher le pull d’Ariel et de le balancer dans l’eau, j’ai envie que son odeur disparaisse et qu’elle ne me donne plus envie de pleurer. Mais à la place de ça, je me roule un peu en boule, serrant mes bras près de mon visage. Le soleil a définitivement disparu pour laisser place à la lune et la température a considérablement baissé.  « Tu veux rentrer ? Tu dois être crevé… »

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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Dim 1 Fév - 16:11




Ariel était à présent allongé, les jambes étendues devant lui et les bras croisés sous sa tête. Il observait vaguement le paysage autour de lui, jetant de temps à autres des regards en direction de sa meilleure amie. Pendant quelques minutes, ni l'un ni l'autre ne parlèrent et il régnait un silence calme, apaisant. Le jeune homme ne s'était pas senti aussi bien depuis des lustres et il profitait du moment, tâchant au maximum de ne penser à rien, de faire le vide dans ses pensées. Devon reprit alors la parole et son meilleur ami tourna la tête vers elle. Un sourire s'étira sur ses lèvres et des petites rides de bonheur apparurent au coin de ses yeux. « Oh, mais ça serait génial Devon ! » Ariel n'était peut-être pas le garçon le plus musclé et travailler dans les champs n'était sûrement pas le métier dont il rêvait, mais en y réfléchissant il savait que ce serait largement mieux que ce qu'il faisait actuellement. Au moins, au plein milieu d'un champ de courges, il n'aurait pas besoin de se forcer à sourire, il n'aurait pas à faire à des hommes d'affaires superficiels et hautains, et il ne côtoierait pas non plus les autres serveurs immatures. Certes il faudrait qu'il se lève tôt, mais après tout il le faisait déjà à présent. Et si, comme la brune le suggérait, ils garaient leur van près du ranch, le trajet pour se rendre à leur travail respectif serait considérablement amoindri. « Tu penses qu'il accepterait ? Il ne me connait même pas... et j'ai jamais fait ça. Puis » il se redressa et leva son bras, qu'il plia pour faire ressortir ses muscles, « c'est suffisant pour défoncer n'importe qui au bras de fer, mais je suis pas sûr d'arriver à porter une botte de foin. » Il fronça les sourcils, en pensant qu'une grosse botte de foin pesait bien plusieurs dizaines de kilos, et qu'il aurait forcément du mal à les transporter. Il se rassura légèrement en se disant qu'il existait des tracteurs et autres machines, mais il ne savait pas non plus comment elles fonctionnaient. Bien sûr, il fallait un début à tout, mais le Monsieur Caldwell n'avait peut-être pas envie de se coltiner un débutant à qui il faudrait tout apprendre. « Enfin, j'imagine que ça ne coûte rien de demander... » lâcha-t-il finalement, en s'allongeant de nouveau. Il fallait dire que l'éventualité de travailler aux côtés de Devon lui plaisait assez. Certes, ils ne seraient pas forcément ensemble du matin au soir, elle avec ses chevaux et lui dans ses champs, mais rien que le fait de savoir qu'ils étaient à moins d'un kilomètre l'un de l'autre suffisait à le rassurer, à le rendre plus heureux. Ils pourraient toujours se parler en se croisant, et surtout se retrouver le midi. Jusqu'à présent, Ariel avait pris presque tous ses repas seul, s'achetant le plus souvent un sandwich à la boulangerie d'en face. Depuis la discussion qu'ils avaient eu trois mois plus tôt, le jeune homme avait quelque peu changé ses habitudes. Il était toujours le garçon rieur, boute-en-train, fêtard, extraverti, mais il avait relativisé par rapport à beaucoup de choses, il avait beaucoup réfléchi, il avait mûri, d'une certaine façon. Cela lui arrivait de retrouver des amis - au masculin - parce qu'il avait eu l'occasion de s'en faire plusieurs depuis son arrivée à San Francisco, mais il ressentait toujours un manque et il savait que ce manque, c'était Devon. Après avoir passé une année entière et avant ça, une décennie entière, dans un périmètre de moins de cinq kilomètres de sa meilleure amie, ça lui faisait tout drôle d'être aussi éloigné d'elle. Alors, régulièrement, il s'isolait dans un parc ou sur le banc d'une allée et mangeait en tête à tête avec lui-même, n'ayant pas vraiment le cœur à se socialiser. Donc, oui, s'il avait la possibilité d'être plus près de Devon, il accepterait sans hésiter. Retrouver sa bonne humeur et sa joie de vivre ne lui serait pas de trop.

Ariel frissonna légèrement, alors qu'une petite brise soufflait. Malgré son sweat-shirt, il commençait à avoir froid. Il était bien sept heures du soir passées, et la nuit était à présent complètement tombée. Ils étaient quand même en janvier et il n'y avait rien d'étonnant à cette température qui ne dépassait pas les dix degrés, même si le climat était plutôt clément compte tenu du fait qu'ils étaient en hiver. Malgré tout, Ariel se sentait bien et n'avait envie de partir pour rien au monde. « Oh non non » répliqua-t-il rapidement, quand Devon lui demanda s'il avait envie de rentrer. « Enfin, sauf si toi tu veux retourner à SF, bien sûr. » Il avait beau avoir froid, le jeune homme voulait profiter de sa meilleure amie encore un peu plus. Il savait qu'une fois repartis, ils n'auraient plus de temps pour eux. Il faudrait préparer à manger, se laver, puis il serait le temps de se coucher et le lendemain matin serait vite là. Ariel n'avait pas envie de travailler, pas encore. Tant pis s'il serait plus que fatigué le lendemain matin, tant pis s'il aurait des grosses cernes et des poches sous les yeux. Si Devon n'avait pas envie d'être dans cet état il comprendrait tout à fait, bien sûr, et il reprendrait le van non sans broncher un petit peu, mais le concernant il voulait bien encore rester au bord de la rivière au moins une petite heure encore. « On est d'accord, il fait froid. » Il se mit de nouveau en position assise, les jambes croisées en tailleur. Il esquissa un léger sourire et invita sa meilleure amie à faire de même. « Enfile complètement le pull, déjà, ça te tiendra plus chaud. » Il en profita pour lui-même revêtir la capuche de son sweat, afin d'avoir le moins froid possible. Il rentra aussi légèrement ses mains dans ses manches, seuls les bouts de ses doigts dépassant de son vêtement. « On faisait un jeu avec mes cousins quand on était gamins, puis même adolescents d'ailleurs. C'est marrant. » Il sourit, amusé. Ses propres parents étaient riches, il n'y avait pas d'autres mots, mais toute sa famille ne l'était pas. Tout le côté de son père l'était, évidemment, mais pas forcément celui de sa mère. C'était les Chester qui possédaient la fortune, et si certains vivaient de façon aisée chez les Tombridge, ils le devaient à leurs efforts et non grâce à un quelconque héritage familial. La soeur de la mère d'Ariel ainsi que son mari était donc une famille tout ce qu'il y a de plus banale, de la classe moyenne, et si le père Chester était toujours réticent à se rendre chez eux, Ariel, lui, adorait. Lui et ses deux sœurs s'entendaient à merveille avec ses trois cousins et ses deux cousines - une famille nombreuse, oui - et le jeune homme était toujours enchanté de les retrouver parce qu'au moins, avec eux, il se sentait à sa place. Il n'avait pas l'impression d'être une imposture, il n'avait aucune pression et n'avait pas besoin de respecter les soit-disant bonnes manières que lui imposait la richesse de ses parents. C'était avec eux qu'il avait vraiment connu la notion de famille et qu'il avait joué aux jeux auxquels un adolescent normal jouait. Celui qu'il comptait proposer à Devon en faisait partie. C'était un jeu qui ne nécessitait rien d'autre qu'au minimum deux personnes, et ils étaient deux. Ils y avaient souvent joués lorsqu'ils faisaient des nuits blanches qu'ils passaient à la belle étoile, l'été, alors que la chaleur suffocante de la journée laissait place à la fraîcheur de la nuit. « Bon, je t'avouerais que Theo proposait souvent ce jeu quand il invitait les voisines, parce qu'il était amoureux d'une d'elles et que, bun, le jeu favorise la proximité mais... » Mais quoi ? Mais je te propose pas ça parce que je suis amoureux de toi, hein, t'inquiète pas. Pourtant, pour une raison qu'il lui échappait, il ne put se résoudre à dire ça. « ... mais bon » se contenta-t-il de dire, en souriant faiblement. « C'est tout con, hein, mais ça passe le temps. Et mine de rien, ça réchauffe. » Il s'esclaffa légèrement et se rapprocha un peu plus de la brune. « Voilà, faut qu'on soit près comme ça, faut que tes genoux touchent les miens. » Ariel supputait que cette règle, Theo l'avait inventé seulement pour pouvoir se rapprocher davantage d'Anna, la blonde dont il ne cessait de répéter qu'elle était trop belle - chose étonnante venant de lui, qui séparait généralement la gente féminine entre les baisables et les déchets -, mais ça faisait partie du jeu à présent, et ça leur permettrait de se réchauffer un peu plus. « Passe-moi tes mains » ordonna Ariel en tendant les siennes, avant d'attraper celles de Devon. « Voilà passe les sous mon sweat et attrape mes avant-bras. » Il fit de même de son côté, un sourire amusé aux lèvres. Il se rappelait encore des rondes qu'ils formaient, avec ses sœurs, ses cousins et les voisines. Ils étaient parfois jusqu'à quatorze - il fallait forcément être un nombre paire -, les bras liés et recouverts des pulls des uns et des autres. Rien que le fait d'être en ronde suffisait à les réchauffer. « Et maintenant, c'est bataille de regards ! » Lança-t-il, un brin d'excitation dans la voix, comme s'il avait de nouveau seize ans. « Il faut qu'on se fixe les yeux dans les yeux, le premier qui détourne le regard a perdu. Je te l'avais dit, c'est un truc de gamins... » Un truc de gamins, mais après tout ils l'étaient encore un peu, tous les deux. Et puis c'était drôle, c'était tout ce qui comptait. Ariel réalisa alors qu'il n'avait pas vraiment expliqué à quoi cela servait qu'ils s'attrapent les avant-bras et s'empressa de le faire. « En dehors du fait que ça tiens chaud, ce qui est déjà une assez bonne raison je trouve, » le brun fit une pause de quelques secondes, un sourire complice aux lèvres et les yeux plissés, sous-entendant tout et rien à la fois, avant de reprendre « on s'tient les bras pour... se déconcentrer. Du genre je peux faire ça » il pinça doucement la peau de la jeune femme « pour te faire perdre. Ah oui, parce qu'on a pas le droit de cligner des paupières non plus ! » Ariel étira un sourire joueur et haussa les sourcils. « Alors, ça te dit ? »

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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Sam 7 Fév - 8:23




Je pense très sincèrement que je pourrai envisager mon futur de cette manière ; Ariel et moi bossant au ranch toute la journée et profitant des repas en compagnie des Caldwell, retourner à notre van après une petite balade en forêt ou dans les champs et le weekend descendre sur San Francisco pour flâner dans les rues, faire des achats et manger une brioche devant le Golden Bridge. Je pense vraiment que je pourrai m’y habituer. En plus, Ariel aussi semble emballé par la proposition que je viens de lui faire. Je ne sais pas d’où ça m’est venu mais maintenant je me rends compte que c’est une évidance. Ariel n’est pas fait pour bosser entre quatre murs, à devoir faire semblant d’être content d’être là alors que les clients en face sont juste malpolis et irrespectueux. Il est comme moi ; il a besoin de cet air frais, de toucher la terre. Je me rends compte que j’aurai dû y penser beaucoup plus tôt, que dès mon engagement auprès des Caldwell, j’aurai dû leur parler de mon meilleur ami Ariel. Même si ce dernier à l’air de douter, je suis certaine que Monsieur Caldwell dira oui. Il n’est plus tout jeune et je suis sûre qu’il sera ravi d’avoir quelqu’un pour l’aider avec ces grosses machines. Il se plaint souvent de ne pas avoir le temps de tout faire dans une journée ou bien d’avoir trop de courbatures pour son âge. Il ne pourra qu’accepter. Surtout si je lui vends les mérites d’Ariel qui est un bon bosseur et qui n’a pas peur du travail. Bien sur, au début, ça risque d’être dur mais ce n’est qu’une question d’habitude. Et je suis sûre que Madame Caldwell sera enchantée d’avoir une nouvelle bouche à nourrir à midi. Cette femme est une perle, elle aime tellement sa fille et elle aime tellement sa petite famille. Elle a la main sur le cœur, toujours en train de concocter des petits plats et des sucreries pour nous faire plaisir entre deux cours d'équitation. Elle sera ravie d’avoir Ariel à sa table, j’en suis certaine. Et nous… ça nous fera pas de mal d’échanger à nouveau avec des adultes. Des vrais adultes, pas ceux qu’on a fui en quittant le Canada. Des gens simples, qui apprécient ce qu’ils ont, qui donnent sans attendre en retour et qui ont tout simplement un cœur. Je suis soudainement très emballée par tout ça et je n’ai qu’une hâte ; être demain pour aller parler avec Monsieur Caldwell.

Mais pour le moment, le froid me ramène vite à la réalité. Je profite juste d’une petite soirée avec mon meilleur ami. J’ai quand même l’impression que quelque chose a changé ces dernières semaines. Depuis notre dispute à vrai dire. Au début, ça allait, ça a quelque peu repris son cours normal mais là, depuis quelques jours, Ariel est un peu bizarre. Il est plus souvent silencieux, dans ses pensées, il fait moins de blagues inappropriées et je le surprends souvent à me regarder à la dérobée. Je ne dis rien parce que je suis habituée à ce qu’il me regarde quand je peints par exemple, mais son regard sur moi a changé. Comme si… Je sais pas. Peut-être qu’il s’inquiète pour moi. Il m’a souvent demandé ces derniers jours si mon frère me manquait, si je regrettais d’avoir quitté le Canada. Peut-être qu’il me surveille parce qu’il a peur que j’attrape le mal du pays et que je lui demande de plier bagages pour retourner chez nous. Mais c’est loin d’être le cas. Bien sur, j’ai également un peu changé de comportement avec lui depuis notre dispute à Halloween mais pour rien au monde j’aimerais quitter San Francisco pour retourner dans notre froid canadien.

D’ailleurs, en voyant que lui aussi commence à ressentir le froid – alors que des deux c’est moi la frileuse – je lui demande s’il préférerait qu’on rentre et qu’on aille se réchauffer dans le van mais contre toute attente, Ariel me fait rapidement savoir qu’il ne veut pas encore rentrer. Je souris, ça veut dire que ce petit coin de paradis que je nous ai trouvé lui plaît et qu’il s’y sent bien. C’était tout ce que je voulais. Je secoue négativement la tête lorsqu’il me demande si moi j’ai envie de partir. J’ai froid mais le chocolat chaud que je reprends entre mes mains va me réchauffer de l’intérieur. Je vois bien qu’une idée traverse l’esprit d’Ariel. Je l’imite dans sa position et m’exécute quand il me fait remarquer que j’aurai davantage chaud en enfilant son pull complètement. J’hésite une seconde avant de passer les bras dans les manches et de sortir ma tête du tissu. Son odeur est maintenant partout sur moi et j’ai du mal à me contenir. Si je ne réfléchissais pas, je me mettrai à pleurer, me roulant en boule comme j’avais l’habitude de le faire chez mes parents quand je me rendais compte que je n’avais absolument rien à faire dans cette famille… Mais heureusement, le jeune homme ne me laisse pas aller plus loin dans mes pensées négatives et me propose un jeu. Je m’asseye en tailleur en face de lui, les sourcils froncés de perplexité. Il m’explique que c’est un jeu qu’il faisait souvent avec ses cousins, même si c’était pas forcément pour tuer le temps comme nous allons le faire. Je lève les yeux en l’entendant dire que c’était surtout pour être plus proche de la voisine. Des fois, les mecs sont vraiment pitoyables… Bref, je me concentre sur les explications d’Ariel, essayant de comprendre s’il y a vice caché parce qu’une bataille de regards me semble quand même un peu simplet comme jeu. Même venant de lui. Mais rapidement, je comprends que la partie va vite être compliquée ; Ariel attrape mes mains et les passe dans ses manches, il fait de même avec ses mains, attrapant mes avant bras sous le tissu. Un frisson s’empare de moi alors que j'ai l'habitude qu'Ariel me touche. Je rigole légèrement en voyant l’enthousiasme de mon meilleur ami avant d’ouvrir la bouche offusquée lorsqu’il me pince la peau. « Oh ! Mais ! » Je lui pince également la peau des avants bras avant de rigoler. « Okay, ça marche. On joue ! » Je me dégourdi les épaules et me concentre avant de plonger mon regard dans celui d’Ariel. Il en fait de même. Ne pas rire en le regardant aussi intensément est faisable, mais j’avoue que j’ai vite les larmes aux yeux de ne pas pouvoir cligner des yeux. Je détourne le regard pour me frotter les yeux. « Ah ! Mais c’est de la torture ce jeu ! » Je rigole et renifle, mon nez devenu tout rouge à cause du froid. Je dégage mes cheveux dans mon dos d’un mouvement de tête et souffle pour me concentrer à nouveau. « Bon. Allez Devon. » Je souris, ne cachant pas mon esprit de compétition pour le coup. Nous nous plongeons à nouveau dans le regard de l’autre. Ce jeu ne peut pas durer longtemps alors je me mets à vite réfléchir à une tactique pour déconcentrer Ariel. Il me pince depuis quelques secondes mais moi je décide de jouer avec autre chose. Tout en ne le quittant pas du regard, mes pouces se mettent à caresser ses avants bras, d’une manière plutôt sensuelle et déconcertante pour le jeune homme. Je lève un sourcil d’un air malicieux, ne clignant pas des yeux et essayant d’ignorer les pincements du jeune homme qui cessent gentiment malgré tout. Je serre un peu ses avants bras avant de caresser à nouveau la peau à l’intérieur du bras, là où elle est très fine, très réactive. Mes caresses se font un peu plus suggestives - je vais jusqu'à l'agripper avec mes ongles, le griffant un peu au passage - espérant que ça marche et qu’il rende les armes. Il sait que je peux être très rusée quand je veux gagner.

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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Jeu 12 Fév - 22:02




De loin, on aurait tout à fait pu croire à deux amoureux. Ils avaient les bras sous les manches du pull de l'autre et se regardaient les yeux dans les yeux, intensément. Et puis, on se rapprochait et on comprenait que ce n'était qu'un jeu. Un jeu qui les réchauffait, un jeu qui les rapprochait. Un petit sourire heureux ne quittait pas les lèvres d'Ariel, ravi de sortir de sa routine ennuyante et oppressante, ravi de profiter de sa meilleure amie comme il n'en avait pas eu l'occasion depuis bien longtemps. Il était content qu'elle n'ait pas fuit après qu'il lui ait expliqué les règles de son jeu un peu bête, un peu gamin. Elle semblait tout aussi enjouée que lui et se mit rapidement dans la compétition. Devon planta son regard dans celui d'Ariel, qui lui rendit la pareille. Il fixa ses iris noisettes et observa les légers dégradés qui les composaient, remarquant peu à peu les yeux de la brune s'emplir de larmes. « Bah, faut pas pleurer ! » rigola-t-il sans la quitter des yeux. Elle détourna cependant rapidement le regard et il fit de même pour se reposer les yeux aussi. Il avait un peu plus d'expérience en la matière et il arrivait à garder ses yeux au sec, mais il savait que ce n'était pas chose facile, surtout avec une température pareille. Il papillonna des paupières à plusieurs reprises, comprenant bien vite que Devon était remontée à bloc et que dorénavant, il faudrait qu'il se batte pour gagner ce jeu. Il prit une grande inspiration, à la manière d'un athlète qui se préparerait pour son prochain cent mètres. Il expira légèrement tout en plongeant de nouveau son regard dans celui de sa meilleure amie. Ils étaient tous les deux des grands compétiteurs et ils retrouvaient enfin cette ambiance de défi amusant, où il n'y avait aucun véritable enjeu, aucun qui ne nécessitait d'y mettre tout son corps et son âme, mais pour lequel ils s'y consacraient néanmoins, simplement pour l'adrénaline que ça procurait et parce que c'était encore plus marrant s'ils s'y donnaient à fond. Ariel se rappelait encore les paris idiots qu'ils se lançaient en voiture, pour faire passer le temps des trajets un peu plus rapidement. Il y avait souvent des beaux paysages à observer, ce qui les divertissait généralement assez, mais ils leur arrivaient de rouler pendant quelques heures au plein milieu d'une plaine complètement vide et triste, et une fois qu'ils avaient épuisés tous les sujets de conversation auxquels ils avaient pensé, ils se lançaient dans des jeux loufoques qui tuaient quelques dizaines de minutes supplémentaires. Ils s'étaient par exemple lancés le défi de réciter la table de multiplication de 83, de citer tous les mots qui commençaient par la syllabe co, ou encore de réciter tous les présidents des États-Unis. Le premier qui avait un blanc recevait un gage et chacun faisait tout pour ne pas en avoir, même si ceux qu'ils inventaient n'étaient jamais bien méchants et toujours drôles. Malheureusement Ariel perdait la plupart du temps, prétextant qu'il avait du mal à se concentrer à la fois sur la route et sur le jeu, et il voulait prouver ce soir que c'était lui, le gagnant.

Ariel esquissa son célèbre sourire en coin, son sourire malicieux, celui qui faisait tomber toutes les filles - du moins, presque toutes. Il commença à pincer la peau des avant-bras de Devon, doucement d'abord de peur de lui faire mal, avant de le faire un peu plus fort, voyant qu'elle ne réagissait pas. Elle était pourtant bien concentrée parce qu'elle ne tiquait pas, ne clignait pas des yeux, ne détournait pas le regard. Ariel ne fatiguait pas encore, mais il arriverait un moment où il ne résisterait plus à l'envie de cligner des paupières, et il ne fallait surtout pas que cela arrive avant Devon. Il commençait à réfléchir à une nouvelle technique de diversion quand sa meilleure amie, contre toutes attentes, prit les devants de la compétition. Ariel écarquilla les yeux, à la fois surpris par ce qu'elle faisait et, à présent déconcentré, pour tâcher de ne pas fermer les yeux. Il pinça encore les bras de la jeune femme à quelques reprises, machinalement, mais cela ne lui faisait visiblement aucun effet. Il arrêta donc de lui martyriser les avant-bras et se concentra sur les pupilles de sa meilleure amie ainsi que sur sa propre respiration. Les pouces de Devon lui caressaient doucement l'intérieur des bras, et un frisson parcouru sa colonne vertébrale. Il savait que c'était un jeu, mais elle ne l'avait encore jamais touché de cette façon et ça lui faisait bizarre, mine de rien. Un bon bizarre, le genre de bizarre qui vous rend heureux, celui des jambes qui tremblent et de l'estomac qui se ratatine. Ariel serra la mâchoire, le peu de concentration qu'il avait récupéré disparaissant de plus en plus, sa vision se floutant et son esprit s'embrumant. Il devenait de plus en plus confus, tout ce qu'il ressentait s'emmêlant, ne sachant pas trop quoi penser de tout ça. Sa respiration ne s'accéléra pas, mais s'intensifia subrepticement, alors qu'il était sur le point de rendre les armes. Il ne savait pas comment réagir et Devon l'avait pris de court, se lançant sur un terrain qu'ils n'avaient encore jamais expérimentés tous les deux. Ils se faisaient régulièrement des câlins ou des bisous sur la joue, mais rien qui n'était aussi sensuel que ce qu'elle faisait là. La frontière entre le jeu et la réalité s’amincissait de plus en plus, dans l'esprit d'Ariel, et le flot de questions sans réponse qui le submergeait habituellement quand il était allongé à côté de sa meilleure amie, le soir dans le van, surgissait à présent. Il y avait une différence, cependant ; les réponses semblaient se former, vagues certes, mais le fait qu'elles puissent se préciser flippaient Ariel complètement. Devon alla jusqu'à planter ses ongles dans la peau de son meilleur ami, pas d'une façon qui lui faisait mal mais de façon sensuelle, de façon aguicheuse, ses doigts semblant être en contact direct avec les nerfs d'Ariel. Il retira alors presque aussitôt ses bras et les croisa contre son ventre, détournant le regard. « T'as pas le droit d'faire ça ! » lança-t-il alors, un peu boudeur. Son sourire amusé avait disparu et il ferma les paupières pour soulager ses yeux. Des larmes s'échappèrent de ses yeux, trop longtemps contenues à cause du jeu. Il les essuya rapidement du revers de sa manche, ne voulant pas paraître faible alors qu'il venait déjà de perdre. À sa confusion se mêlait sa colère de n'avoir pas gagné. Une colère légère, contre lui-même, parce qu'il était un peu mauvais perdant, au fond. Il pensait vraiment remporter le jeu, ce soir, mais il fallait croire que Devon était plus astucieuse que lui. Ariel posa son regard sur la rivière, détectable seulement par les reflets de la lune, à présent. La nuit était définitivement tombée et plus rien n'éclairait la pénombre, en dehors de cet astre lumineux. Il tourna la tête pour s'assurer que les deux chevaux étaient toujours là, et ils l'étaient. Enfin, après quelques minutes à fuir le regard de Devon, il tourna la tête pour la regarder. Il baissa néanmoins rapidement les yeux, un peu perdu. « Ça fait trop bizarre Devon... » Il se risqua alors à relever la tête, à plonger ses pupilles dans celles de sa meilleure amie. « Ça te fait pas bizarre ? » On ne pouvait pas vraiment savoir ce qu'il entendait par là, et lui même ne le savait pas vraiment. C'était toujours ce même bizarre, ce bizarre agréable, mais ce bizarre qu'il n'avait jamais ressenti avant. Et pour cause ; il n'avait encore jamais été amoureux. Ariel ne se l'avouait pas, bien sûr, il était loin de se l'avouer. Il avait peur de se l'avouer. Ce bizarre lui faisait peur, et il se demandait si ce bizarre lui faisait peur aussi, à Devon. Peut-être qu'elle ne ressentait rien du tout. Mais qu'est-ce qu'il ressentait, lui ? Il avait l'impression d'avoir le cœur complètement compressé et le bas du ventre noué d'un bon million de nœuds. Il ne s'attendait pas du tout à ce que ce jeu tourne de cette manière ; il l'avait certes proposé en connaissance de cause, en sachant qu'ils seraient plus proches, mais il ne pensait pas qu'ils seraient aussi proches. Ariel décroisa doucement ses bras et plaça la paume de ses mains sur les genoux de Devon. Son regard était profond, brillant légèrement, comme s'il était sur le point de pleurer. Sans quitter sa meilleure amie du regard, il remonta ses mains avec tendresse le long des cuisses de la jeune femme. Il s'arrêta près de son aine avant de parcourir le chemin inverse de la même manière. Il garda ses mains autour de ses genoux, son regard toujours aussi intense plongé dans celui de Devon. « Ça te fais quoi, quand je fais ça ? » Parce que pour lui, c'était du même genre que ce qu'elle lui avait fait. Il voulait savoir ce qu'elle ressentait, savoir si ça la rendait aussi confuse que lui, aussi perdue que lui. Il ne savait pas comment gérer tout ça et il voulait se rassurer, qu'elle le rassure. Que tout ça n'était que provisoire, que ça allait passer. Que c'était la nuit qui faisait ça, la fatigue aussi. Que son esprit s'éclaircirait, que ses questions s'évaporeraient. Qu'il arrêterait de frissonner, que les battements de son cœur ralentiraient. Qu'il n'était pas ce qu'il avait tant peur de devenir.

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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Dim 15 Fév - 8:36




Aussi loin que je me rappelle, se lancer des défis a toujours été un de nos passe-temps favori, même lorsqu’on vivait encore au Canada et que l’on se retrouvait pour passer du temps ensembles. Cependant, étant plus jeune, plus petite et plus fine qu’Ariel, c’était en règle générale lui qui gagnait tous les défis que l’on se lançait. Grâce aux concours équestres, j’ai un bon sens de la compétition mais j’ai arrêté de prendre ça au sérieux avec Ariel. Il n’y a jamais eu d’enjeu et il n’y en aura jamais. Surtout que c’est rare – voir impossible – que je gagne. On se contente de faire ça pour détendre un peu l’atmosphère et rigoler un peu. C’est le plus important pour nous dans la vie ; s’amuser, profiter, ne pas se prendre la tête.

Une fois de plus, je peux sentir la victoire pour Ariel s’approcher à grands pas. Mais pour une fois, je n’ai pas envie de laisser mon esprit de compétition de côté. J’ai envie de le pousser un peu dans ses retranchements et surtout lui montrer que moi aussi je peux gagner. Je suis sûr qu’il a trop pris l’habitude de gagner tous nos jeux qu’il ne se doute pas que j’ai une arme secrète. Enfin… Secrète si on veut. Je suis loin de me considérer comme une séductrice ou comme une jeune femme qui sait y faire mais je n’ai rien à perdre après tout ? Soit je me ridiculise en essayant d’agir comme le genre de personne que je ne suis pas, soit ça fonctionne et je peux espérer une petite victoire face à mon ami. Alors après avoir cligné des yeux plusieurs fois pour hydrater mes yeux, nous nous relançons dans la compétition. Nos regards s’accrochent et ne se lâchent plus. Ariel a envie de gagner, je peux le voir en sentant ses doigts pincer ma fine peau de mes avants bras. Mais le fait qu’il continue prouve qu’il n'y arrive pas si facilement cette fois, que je n’ai pas envie de le laisser gagner. Et son sourire de tombeur ne marchera pas sur moi. Du moins, pas cette fois. Je lève un sourcil et mets ma tactique à exécution. Mes doigts caressent lentement et sensuellement les avants-bras d’Ariel. N’hésitant pas à imiter les gestes que l’on fait lors d’un câlin intime sous la couette. Dans le fond, j’en sais absolument rien si c’est ce qu’il se passe lors d’un moment intime mais je tente le tout pour le tout. Mes ongles si peu longs se plantent dans sa peau et je tire dessus, mon regard devenant encore plus noir, comme si j’allais lui sauter dessus d’une minute à l’autre. Que dis-je, d’une seconde à l’autre. Face à moi, je vois que mes caresses déconcentrent gentiment Ariel. Je peux même voir un frisson lui secouer les épaules. Je jubile intérieurement de pouvoir jouer avec lui pour une fois. Il essaie de tenir bon, je le vois à sa mâchoire qui se crispe et à sa respiration se fait plus profonde. Il veut gagner mais moi aussi pour une fois. D’un seul coup, Ariel lâche mes bras et les croise sur son ventre. Je me mets à rire, me frottant les yeux en même temps. Je l’entends se plaindre que je n’avais pas le droit de faire ça. Monsieur supporte mal la défaite apparemment. « Laisse moi apprécier ma victoire pour une fois ! » Je rigole encore avant d’arrêter de frotter mes yeux pour voir qu’Ariel semble vraiment perturbé par ce qu’il vient de se passer. Mon sourire disparaît petit à petit et je pose mes mains sur ses genoux. « Hey… » Il semble en colère, perdu, boudeur. Tout ça en même temps. « C’était qu’un jeu… » Il détourne son regard sur le lac et je me sens tout de suite mal. Je connais bien Ariel, je pensais qu’il allait rire de ma tactique bien inutile et se moquer de moi en disant que j’ai triché mais apparemment… J’ai mal pensé. Je retire mes mains de ses genoux, ne voulant pas le mettre encore plus mal à l’aise. Il me dit que ça fait bizarre en évitant mon regard et je fronce les sourcils, essayant de comprendre où il veut en venir. Il me demande finalement si moi ça me fait bizarre et je hausse timidement les épaules. Je ne vois pas pourquoi tout d’un coup le contact physique le met mal à l’aise alors que c’est justement moi qui ai un peu pris mes distances depuis quelques semaines. Comme s’il a compris que je ne vois pas où il veut en venir, Ariel pose ses mains sur mes genoux et les remonte très lentement le long de mes cuisses. Je n’arrive pas à le regarder, je fixe ses mains qui remontent de plus en plus. Mon pantalon d’équitation étant fait d’une matière assez fine, je peux sentir chacun de ses doigts caresser mes cuisses. Lorsqu’il arrive en haut de mes cuisses, je croise son regard, un regard brillant, un regard que je n’ai encore jamais vu chez lui. Je ravale difficilement ma salive, sentant ses mains redescendre vers mes genoux. Ses caresses sont tout simplement divines, même si ce n’est pas grand chose, pour la jeune femme pure et innocente que je suis, c’est très agréable. Un peu trop. Je sursaute lorsqu’il pose à nouveau ses mains sur mes genoux et me lève d’un bond. « Ce n’était qu’un jeu Ariel! Je voulais juste gagner, te prends pas la tête avec ça. » Je réajuste le pull sur mes épaules et range le thermos de chocolat chaud avant de m’avancer vers les chevaux. « Il faut qu’on ramène les chevaux dans la grange. » Je suis tournée vers Hendrix, très concentrée à serrer sa selle alors que je ne l’avais pas touchée en arrivant ici. « Tu veux monter seul ? » J’essaie de contrôler le tremblement dans ma voix mais j’échoue plus où moins lamentablement.

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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Mer 18 Fév - 22:22




Ariel était perdu, il ne savait plus quoi penser. C'était qu'un jeu... C'était qu'un jeu pour elle, alors. Simplement ça, seulement ça. Il en avait le cœur serré. Le cœur, tiens, parlons-en. Ce petit organe, indispensable à la survie, mais qu'Ariel ne considérait que comme tel : un organe sans lequel il ne pourrait pas vivre. Il ne pensait pas au cœur symbolique, le cœur des sentiments. Déjà, pourquoi c'était lui qui se trimbalait cette responsabilité, hein ? Pourquoi c'était pas les reins, par exemple ? Ou le foie ? Parce que quand on était très heureux, ou très triste, c'était pas au cœur que ça faisait mal. On avait la gorge qui se serrait, l'estomac qui se contractait, la poitrine qui était au bord d'exploser, mais le cœur il continuait de mener sa petite vie, tranquille. C'était à ça qu'il pensait Ariel, jusque là. Jusqu'à ce que sa meilleure amie joue avec lui et que les battements de son cœur accélèrent. Ça lui était jamais arrivé auparavant, pas comme ça, pas autant. Ils avaient jamais été comme ça tous les deux, jamais aussi sensuels. Il l'imagina agir comme ça avec d'autres mecs, et ça lui donna la nausée, à Ariel. Il était complètement perdu. Il savait pas quoi faire, il était pas mal à l'aise mais il était gêné, gêné de ne pas savoir comment agir, lui le grand tombeur de ces dames. Il avait détourné le regard, fuyant celui de sa meilleure amie, fuyant cette sensation pas désagréable mais étrangère, fuyant ce qu'il ne savait pas gérer. Et puis il avait finit par retourner la tête, rattraper le regard de Devon. Il avait suivi son instinct, son cœur peut-être bien, et non sa raison. Ariel ne jouait pas dans le raisonnable, jamais, ou très rarement. Il agissait toujours un peu comme il avait envie, comme il le sentait, au feeling, comme les choses arrivaient. Il vivait au jour le jour, il réfléchissait pas tant que ça à son avenir, encore moins à son passé. Il vivait dans le présent, voilà tout, et il savait profiter de chaque instant. La raison n'avait pas lieu d'être, la raison c'était pour les coincés, pour ceux qui se cherchaient des excuses. Oui mais voilà ; la situation était un peu particulière, inconnue aux yeux du jeune homme. Il y allait comme il le ressentait sur le moment, mais il n'était pas doué, Ariel. Il était doué avec les caresses, il n'y avait pas de doute, avec les baisers sensuels, les regards dragueurs. Mais il n'était pas doué du tout pour exprimer ses sentiments, et encore moins pour transmettre ses sentiments par un quelconque geste intime. Quand il couchait avec ces pimbêches rencontrées dans un bar, il ne se préoccupait pas des sentiments : c'était simple, il n'y en avait jamais. C'était nouveau, pour lui, et il n'excellait pas en la matière. Ou alors il excellait trop bien. Comment savoir ? Il avait le regard plongé dans celui de Devon, et elle semblait apprécier, du moins c'est ce qu'il pensait. Et puis subitement elle s'était levée, s'énervant à moitié. Ariel ramena de nouveau ses bras contre lui, comme s'il avait fait une bêtise. Qu'est-ce qu'il avait fait de mal ? Elle trouvait ça bizarre alors, elle aussi ? Mais non, ce n'était qu'un jeu. Elle voulait gagner, et rien de plus. Vraiment rien. Le visage d'Ariel se décomposa malgré lui. Il n'était pas bon pour exprimer ses sentiments avec des mots, non, mais son visage se lisait comme un livre ouvert. Ce n'était pas difficile de savoir ce qu'il ressentait, pour peu qu'on le connaisse un minimum. La plupart du temps, Ariel était heureux, enjoué. Parfois il était déprimé, et il ne se fatiguait pas à se coller un sourire forcé ; mais c'était rare. Et puis d'autres fois, il était vexé. Là, ça se voyait. Ariel était touché. « Donc ça te fais rien, c'est ça ? » Il avait lâché ça d'une voix presque mauvaise. Bon dieu, s'il avait su où ce jeu les mènerait, il n'aurait jamais proposé l'idée. Il avait cru, il avait peut-être même espéré, que Devon avait mis une part de vérité dans sa comédie. Mais il n'était question de rien de tout ça. Pas de vérité. Juste de la comédie, juste du jeu, juste pour gagner. Il se sentait con, tout d'un coup, vraiment con. Mais ça le rassurait, au fond. Peut-être que ça ne serait que passager, en effet. Ce qu'il semblait ressentir, ses émotions bizarres, peut-être que tout ça s'en irait.

Ariel se leva à son tour et s'épousseta les fesses, constellées de petites aiguilles de pin. Il fixa un point devant lui pendant quelques longues secondes, avant de reprendre ses esprits. Il se retourna vers Devon, qui lui tournait le dos. Il était dégoûté. Et il s'en voulait. Ils passaient un si bon moment, tous les deux, et il avait fallu qu'il gâche tout ça. Il avait fallu qu'il partage ses doutes, qu'il sache si elle ressentait ce qu'il ressentait ; alors qu'elle ne ressentait rien. Il n'avait fait que la mettre mal à l'aise, au final. Il n'avait fait que gâcher leur soirée. Devon s'affairait du côté d'Hendrix alors, pour ne pas avoir l'air plus bête qu'il ne l'était déjà, Ariel fit mine de vérifier la selle de Marley. Il était perdu, perdu dans ses pensées. La voix de sa meilleure amie le ramena à la réalité, rapidement. Monter seul ? Il serra la mâchoire. Comment pouvait-il avoir envie de monter seul ? Sa peur des chevaux n'avait certainement pas évolué en soixante minutes. Mais si elle posait la question, c'est qu'elle avait certainement envie qu'il réponde oui. Ariel fit le tour du cheval, pour se retrouver de nouveau du côté de Devon. Elle ne le regardait pas. Il avait bien perçu les trémolos dans sa voix. Il n'était pas dupe. Sa meilleure amie, il la connaissait. Peut-être pas assez, il fallait croire, pour se tromper de façon aussi monumentale sur ce qu'elle pensait, mais il pouvait au moins remarquer quand sa voix changeait. Elle était soit trop en colère, soit au bord de pleurer. Elle avait toujours la tête baissée sur le cheval quand Ariel s'approcha d'elle. D'une main, il détacha doucement celles de sa meilleure amie de la selle. De l'autre, il la fit relever le menton, légèrement. « Je suis désolé », commença-t-il, sincère. « J'aurais pas dû faire ça. Mais je pensais que... j'pensais pas... » Il ne cessait de regarder ailleurs, de regarder partout, sauf dans les yeux de Devon. Il finit par plonger son regard dans ses pupilles noisettes et parla d'une traite. « J'ai cru qu'y avait un truc, Devon, mais j'ai dû me tromper. Je suis désolé. » Il se retourna sans lui laisser le temps de répondre et rejoignit Marley. Il prit son courage à demain et attrapa les sangles, qu'il détacha de l'arbre avant de les maintenir bloquées dans sa main. « Pars devant si tu veux, j'vais y aller en marchant. Je retrouverais le chemin. » Il ferma les paupières quelques instants, puis les rouvrit pour lancer un dernier regard à Devon. Il tourna alors la tête et commença à marcher. Il porta une main à sa joue, puis la laissa retomber. Une larme venait de couler.

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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Ven 20 Fév - 18:28




Peut-être que je n’aurai pas dû accepter le défi, peut-être que j’aurai dû lui dire que je n’avais pas envie de jouer ou alors j’aurai dû le laisser gagner. Voilà, je ne peux m’en prendre qu’à moi même s’il y a ce malaise maintenant entre nous deux. Je n’aurai pas dû essayer de le faire perdre en titillant son côté masculin qui a tellement mis de côté depuis notre dernière dispute. J’aurai dû laisser couler, le laisser gagner, en rigoler, finir de boire notre chocolat chaud et repartir au ranch pour ramener les chevaux avant de rejoindre notre van. J’ai bien vu, j’ai bien compris que mes gestes l’ont mis mal à l’aise. Il a eu ce quelque chose dans son regard, j’ai bien vu qu’il était soudainement perdu. Notre amitié n’est jamais allée aussi loin. Des câlins, des baisers sur le front ou la joue ça a toujours passé mais je suis allée trop loin et ça a perturbé mon ami. Ariel est gêné par mes gestes plus aguicheurs. Je crois que la douche n’aurait pas pu être plus froide que ça. Je sais que je ne suis pas experte en la matière mais je ne m’attendais pas vraiment à ça. Ca m’apprendra à vouloir être quelqu’un que je ne suis pas. Je suis sensée rester coincée toute ma vie et puis c’est tout.

Après m’être levée brusquement, je voue soudainement un culte à la boucle qui retient la selle de Hendrix. Je ne pense pas que notre soirée va pouvoir se terminer d’une autre manière. J’ai tout gâcher à vouloir gagner, résultat : j’ai tout perdu. Ni lui, ni moi n’avons envie de rester au bord de la rivière. Il est tard, il fait froid et je sens bien qu’Ariel est vexé par ma réaction. Bien sur que ses caresses m’ont fait frissoner… C’est bien ça le problème. Tous les gestes que mon meilleur ami a pour moi me font frissoner, font battre mon cœur un peu plus rapidement. Pour moi, c’est la routine ce que je viens de ressentir en sentant ses mains sur mes cuisses. Simplement, je ne peux pas l’avouer. Je ne peux pas dire à Ariel que ses gestes me font de l’effet, je ne peux pas lui dire ce que je ressens pour lui depuis que notre voyage à travers les Etats-Unis a commencé. Je. Ne. Peux. Pas. Encore moins avec la réaction qu’il a eu tout à l’heure.

Ariel me rejoint vers Hendrix et pose sa main sur les miennes, m’obligeant à arrêter de faire semblant, m’obligeant à le regarder dans les yeux lorsqu’il lève mon visage vers le sien. Je crois qu’il a entendu ma voix trembler. Je crois que je ne vais d’ailleurs pas tarder à pleurer. Il a tout autant de mal à parler que moi. J’ai l’impression que désormais, notre amitié ne sera plus jamais celle qu’elle a été depuis toutes ces années. Quelque chose a changé, quelque chose qu’on ne peut pas rattraper. C’est fichu. Je n’entends pas vraiment les paroles d’Ariel, tout ce que je vois c’est son regard brillant, j’entends uniquement mes oreilles siffler et mon cœur battre dans mes tympans. Il s’écarte de moi et je comprends qu’il rentrera à pieds… J’attrape les rennes des deux montures et suis les pas d’Ariel, grelottant silencieusement à cause du froid. Est-ce d’ailleurs vraiment à cause du froid ou à cause du vide que je ressens tout d’un coup. J’ai pris conscience de quelque chose ce soir, j’ai compris que la personne que j’aime le plus sur cette terre ne me verra plus jamais comme sa meilleure amie. J’aime pas ça. Pas du tout… Je me retiens de pleurer, ne voulant pas me sentir faible une nouvelle fois mais c’est très dur de luter contre ses perles salées qui se bousculent aux coins de mes yeux.

Après de longues minutes à marcher dans le froid, nous arrivons enfin au ranch. Je ne dis rien, je ne regarde même pas Ariel. Je rentre directement dans la grange et attache à l’aveugle les chevaux dans leur box. Je me retourne pour essayer d’allumer la petite lampe à gaz mais il semblerait qu’elle soit vide. Je me mets à trembler un peu plus. Je suis une grosse trouillarde et la seul lampe de cette grange ne fonctionne plus. Bras tendus devant moi, je tâte à la recherche de la grille d’un des boxes. Il me semble trouver ce que je cherche jusqu’à ce que je sursaute en entendant un bruit derrière moi. Instinctivement, je me retourne mais dans le noir, je dissimule à peine une ombre. « Ariel ? Je suis pas d’humeur. Me fais pas peur je t’en prie… » Ma voix tremble tout autant que le reste de mon corps. Dans mon dos, je sens le souffle d’un des deux cheval. J’ai envie de pleurer. Je m’appuie contre ce qui ressemble à la grille du box. « Ariel ? » Pourvu qu’il vienne avec une recharge de gaz…


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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Sam 21 Fév - 15:31




Il avait espéré, sûrement, qu'elle le rattrape. Qu'elle réponde quelque chose, au moins, et sinon qu'elle le rattrape. Il avait peut-être trop vu de films finalement et ces choses n'arrivaient pas dans la réalité. Dans la vraie vie, ça se passait toujours différemment : quand on tournait les talons, on tournait les talons. Il n'y avait pas de regard en arrière, il n'y avait pas de poignet entouré d'une main fragile, il n'y avait pas de Attends, s'il-te-plaît..., il n'y avait rien de tout ça. Ariel avait commencé à marcher et il ne s'était pas arrêté. Il avait la tête baissée, il regardait le sol de la forêt. Il sentait le souffle de Marley sur son épaule et sa joue mais tentait de ne pas y penser. Le son d'une branche craquant sous un sabot le faisait sursauter, presque à chaque fois, terrifié à l'idée que ce soit ses os qui se cassent sous le poids du cheval, à un moment où à un autre. Arrivé à l'orée de la forêt, Ariel lança malgré tout un regard par-dessus son épaule, pour s'assurer que sa meilleure amie le suivait bien. C'était le cas, il se rassura et regarda de nouveau devant lui. Sa meilleure amie. Qu'est-ce qu'ils avaient fait, qu'est-ce qu'il s'était passé pour que tout dégénère comme cela ? Ariel rembobinait la soirée dans sa tête, depuis le moment où il était arrivé en van jusqu'au moment présent, où ils marchaient tous les deux en silence, l'un derrière l'autre, sans se décrocher le moindre mot. Il se mordit l'intérieur des joues, réfléchissant à ce qu'il aurait pu faire ou dire différemment, pour qu'ils soient encore en train de se parler à l'heure actuelle. Ou quoi faire ou dire, maintenant, pour se rattraper. Pour que tout redevienne comme avant. Comme avant, vraiment ? Est-ce qu'il en avait envie, est-ce qu'il voulait que leur relation redevienne la même qu'en début de journée, alors qu'il entrevoyait à présent ce qu'il pouvait ressentir pour Devon ? C'était absurde, c'était tiré par les cheveux. Lui le coureur de jupons, lui qui avait peur de s'engager, lui qui n'avait jamais eu de petite amie à proprement parler. Et elle... il ne savait pas quoi en penser, il ne savait pas ce qu'elle pensait. Il avait imaginé l'espace d'un instant qu'ils étaient sur la même longueur d'onde, comme ils l'avaient toujours été, il avait naïvement pensé que ce qu'il croyait ressentir pour elle, elle le ressentait pour lui aussi. Il fallait croire qu'il s'était trompé sur toute la ligne, qu'il s'était fait avoir royalement. Il avait envie de pleurer, Ariel. Il n'avait jamais eu envie de pleurer pour une fille auparavant, jamais. C'était du grand n'importe quoi. Il serrait la mâchoire, fort, à s'en faire mal aux maxillaires. Il ne pouvait pas pleurer, il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas paraître faible, quand bien même elle ne le voyait pas. Il ne savait même pas pourquoi il avait envie de pleurer, en réalité ; mais plus il y pensait, plus il pensait aux raisons, plus il en avait envie, plus sa gorge se serrait. Ça le faisait rager d'être comme ça, ça le déstabilisait complètement.

Ils avaient fini par arriver au ranch. La ferme était calme et les propriétaires avaient probablement déjà terminé de manger. Ariel poussa la vieille porte en bois et s'avança dans la grange. Devon arriva quelques secondes après et s'empara des rennes qu'il lâcha alors qu'elle s'approchait. Il resta à l'entrée, où la lumière de la lune s'engouffrait légèrement, alors qu'il regardait sa meilleure amie s'avancer dans l'obscurité de l'écurie. Il fronça les sourcils, étonné qu'elle n'ait pas allumé de lumière. Il tâtonna le mur derrière lui à la recherche d'un interrupteur mais n'en trouva pas. Il attendit quelques secondes, l'entendant farfouiller parmi il ne savait quoi. Comment pouvait-elle y voir quelque chose ? Comment pouvait-elle s'assurer que les chevaux étaient bien attachés ? Pourquoi n'allumait-elle pas de lumière ? Ariel finit par comprendre que, peut-être, il n'y en avait tout simplement pas. Ils étaient dans une ferme au plein milieu de la cambrousse, en même temps, peut-être que l'électricité ne parvenait pas jusque là. Il glissa ses mains dans ses poches afin de trouver quelque chose qui pourrait les aider. Il n'y avait rien dans la droite, mais les doigts de sa main gauche effleurèrent un petit objet en plastique. Ariel esquissa un léger sourire alors qu'il pénétrait à son tour dans l'obscurité. Un briquet, il avait un briquet. Ce n'était pas grand chose, mais ce serait toujours ça. Il le sortit de sa poche, tout content, et le tint en l'air, prêt à l'allumer. Schlong ! « Fuck » jura Ariel à mi-voix, alors qu'il venait de trébucher sur quelque chose, sûrement un râteau retourné, ce qui lui avait fait lâcher le briquet qu'il tenait à la main. C'était raté pour le retrouver, maintenant. Il n'avait aucune idée de la direction dans laquelle il était tombé et il n'était pas trop enchanté à l'idée de farfouiller le sol de la grange à mains nues. On ne savait jamais quelles bestioles pouvaient y gambader. « Ariel ? Je suis pas d’humeur. Me fais pas peur je t’en prie… » Il fit non de la tête, sans penser que Devon ne le voyait pas. Il ressentait au son de sa voix qu'elle n'était pas rassurée. Il savait qu'elle avait peur alors même qu'il pouvait y avoir de la lumière, alors il pouvait bien imaginer que dans le noir complet, elle soit terrifiée. Il s'approcha un peu plus, tâchant de faire attention à l'endroit où il mettait ses pieds. « Ariel ? » Au son de sa voix, il comprit qu'elle était tout prêt. Juste devant lui. Sa respiration s'accéléra subrepticement, sans raison apparente. Il sentit, indéniablement, une tension. Il tendit le bras jusqu'à ce que sa main effleure le bras de sa meilleure amie. Il sentit Devon sursauter légèrement au contact. « C'est moi, je suis là » dit-il calmement, se voulant rassurant. Il avait ravalé son envie de pleurer et s'était radouci. Il pressa légèrement le bras de sa meilleure amie, la tension qu'il avait ressenti quelques secondes plus tôt s'intensifiant. Cette tension, il commençait à la connaître. Cette tension, qu'il ressentait lorsqu'une fille l'attirait. C'était cette même tension, oui, mais bien plus amplifiée. « Je suis désolé, j'ai trébuché sur un râteau... j'avais un briquet et je l'ai fait tomber. » Il s'approcha un peu plus, son visage à seulement quelques dizaines de centimètres de celui de Devon. Il ressentait quelque chose au fond de lui, dans le bas de son ventre et dans son torse aussi. Les battements de son cœur s'accélèrent, rapidement. Il glissa sa main depuis le bras de son amie jusqu'à sa taille et, avec le pouce de sa main libre, caressa tendrement sa joue. La tension s'intensifiait, de plus en plus et de plus en plus vite. Ariel résista, résista à la tentation. Mais elle fut rapidement trop forte, trop forte pour qu'il puisse y résister. Il prit alors le visage de Devon entre ses deux mains, tendrement, amoureusement, et déposa ses lèvres contre les siennes.

C'était comme une explosion, non, c'était une explosion, au creux de lui. Un millier de petites étoiles, de petites lumières, de petites boules de chaleur, se répandant dans tout son être, dans tous ses muscles et ses veines, envahissant son cœur et son âme alors que leurs souffles se mélangeaient. Il avait suivi son cœur, oui, son cœur. Ariel glissa une main dans les cheveux de Devon, doucement, avant de la replacer contre sa joue. Il fit durer le baiser quelques longues secondes supplémentaires, les paupières fermées, l'esprit sur un petit nuage. Il se sentait tellement bien. Tellement mieux. Comme si c'était ce qu'il attendait depuis tout ce temps, depuis si longtemps.

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LA SIMPLICITÉ
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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Dim 22 Fév - 8:02




Nous n’avons jamais été comme ça, à marcher loin l’un de l’autre, à ne pas prononcer un seul mot au milieu de l’obscurité. Même lorsqu’on avait usé de tous les sujets de conversations, on trouvait toujours un moyen de combler le silence, de faire en sorte qu’on rigole ou qu’on débatte sur un nouveau sujet. Ce soir, c’est la première fois qu’on ne se dit rien, qu’on évolue sur le chemin de terre en tirant chacun un cheval. Il y a de la gêne, beaucoup de gêne. Mais de la colère aussi et surtout de la tristesse. On ose rien dire et on en a tout simplement pas le cœur. Celui-ci, celui que je porte dans ma poitrine est lourd. J’ai l’impression qu’il pèse dix kilos à lui tout seul alors que théoriquement un cœur ne pèse que… Quoi, trois cent grammes pour une femme ? Le mien porte le poids de cette soirée qui a viré au cauchemar.

Maintenant que nous arrivons au ranch, il va se passer quoi ? On va rentrer les chevaux dans leur box, on va vérifier que tout est éteint, que tout est fermé puis on va rejoindre notre van et se chercher un endroit pour dormir ? On va rester silencieux durant tout le trajet et on va aller se coucher sans même se dire « bonne nuit » ? Sans même s’offrir un câlin réconfortant et chaud ? Ca me brise le cœur. Je paie le prix de mon propre petit jeu. Je n’ai qu’une seule envie à présent ; aller dormir. Dormir pour ne plus y penser et se réveiller demain matin avec l’esprit plus clair. Sauf que le ciel ne semble pas de cet avis. Plongés dans le noir, je cherche à allumer la petite lampe à gaz qui pend sur une poutre au-dessus de nos tête. Mais je suppose qu’elle est vide et je ne sais absolument pas où Monsieur Caldwell cache les recharges de gaz. C’est lui qui s’occupe de ça quand il se lève à quatre heures pour faire un tour du ranch. Je bouillonne à l’intérieur. J’ai envie que cette soirée se termine. C’était vraiment une soirée de gâchée. Il faut quand même que je rentre les chevaux dans leur box donc je décide d’y aller à tâtons malheureusement. Je reconnais du bois sous mes doigts, puis la grille en métal froid qui me gèle immédiatement les doigts. Je sursaute en entendant un bruit, ayant presque oublié qu’Ariel est peut-être rentré dans la grange. J’ai peur. Je suis vraiment terrifiée. Peut-être que c’est un animal sauvage qui est rentrée, attiré par l’odeur de nourriture pour les chevaux ? Ou peut-être est-ce quelqu’un ? Oui. C’est quelqu’un. C’est Ariel. Celui-ci me rassure immédiatement. Je sursaute tout de même en le sentant m’effleurer, ne le croyant pas aussi proche de moi.

Ariel a toujours su me rassurer avec ses gestes et ses mots. Il sait que la nuit, lorsque je suis sur le dos et que je fixe le plafond du van sans oser broncher, c’est que j’ai entendu quelque chose de dehors et que je suis terrifiée. Il sait très bien reconnaître quand j’ai peur et surtout, il sait très bien qu’avec une main sur mon bras, je me calme tout de suite. J’oublie totalement ce qu’il s’est passé ce soir, je veux juste qu’il me rassure. Mon meilleur ami serre mon bras et mon cœur se serre lui aussi. « Je… Je veux juste sortir d’ici… J’ai trop peur. » Ariel me fait savoir qu’il avait un briquet mais qu’il l’a fait tomber. Je ravale difficilement ma salive. Il va falloir qu’on sorte de la grange en faisant attention où l’on met les pieds et qu'on tâtonne. Je devine au loin la porte de la grange, qui est légèrement illuminée par la lune mais je ne vois pas Ariel. « Ariel ? » Tout d’un coup, je sens son souffle sur mon visage, comme s’il n’était plus qu’à quelque centimètres de moi. Sa main lâche mon bras et je n’ai pas le temps de paniquer qu’elle se repose sur ma hanche. Son pouce caresse la peau de ma joue et je suis tétanisée sur place. J’ai peur, oui, mais plus du noir. J’ai peur de comprendre ce qui est en train de se passer. Ma respiration se coupe, je ne sens que son souffle sur mon visage. Mes jambes se transforment en coton, je n’ai pas la force de lui demander à quoi il joue, à quoi il pense. Ses lèvres, douce mais fortes en même temps, se posent sur les miennes. Je soupire, expirant tout l’air que je gardais en moi, je m’accroche à son bras qui caresse mon visage, j’ai peur de tomber au sol si je ne le tiens pas. D’abord, je n’ose pas bouger contre ses lèvres et puis, Ariel fait durer le baiser alors mes lèvres bougent contre les siennes. C’est timide, très timide mais ça fait du bien. Tout le poids que j’avais sur mon cœur sur le chemin du retour s’envole en une fraction de seconde. Mon bras libre va s’accrocher à la nuque d’Ariel et il faudra que je me mette sur la pointe des pieds pour ne pas paraître lilliputienne. Je m’accroche à lui avec force, avec envie. Je n’ai jamais ressenti ça avant. C’est donc ça, de sentir les papillons dans le ventre, cette impression de flotter dans l’air que mon grand frère me racontait quand il me parlait de sa copine de l’époque. Je comprends que tout ce que j’ai pensé ressentir pour Ariel était bien moindre par rapport à ce que je ressens réellement pour lui. Mon frère m’avait également parlé de ce manque d’air qui surgit bien trop vite. Ma main remonte dans les cheveux de mon ami, les tirant légèrement alors que je m’écarte un peu de lui, essoufflée comme si j’avais couru un marathon. Je repose mes talons au sol et love ma tête contre son torse. Ma poitrine et mon ventre se soulèvent rapidement, j’essaie de reprendre mon souffle mais mon esprit se remet vite en marche. Qu’est-ce qu’il vient de se passer ? Très rapidement, trop rapidement, tout se bouscule dans mon esprit. Je n’ose plus bouger, je ne sais pas comment réagir. Et notre amitié alors ? Après ça, on ne pourra plus jamais la retrouver comme on l’a connue. Etait-ce sincère ou était-ce seulement désespéré à cause de ce qu’il s’est passé ce soir ? Ou pire… Est-ce Ariel commence à me prendre pour l’un de ses jouets plantureux qu’il jette le lendemain ? Un frisson me secoue les épaules, je suis gelée. Je ne m’étais même pas rendue compte. « On devrait peut-être… On devrait peut-être rentrer au van… » Ma voix est à peine audible. Elle s’est transformée en un chuchotement tremblantotant. Je crois que si je pouvais passer le moment des explications, je le ferai avec plaisir. Je crois que je n’ai en fin de compte pas du tout envie de savoir quel genre de baiser c’était. Je pourrai ne jamais me remettre de la réponse.



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LE CANCRE
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MessageSujet: Re: + you deserve the world but the world doesn't deserve you (ariel)   Dim 22 Fév - 15:59




N'était-ce vraiment qu'un jeu, finalement ? Durant tout le retour jusqu'au ranch, Ariel avait été persuadé que c'en était un, que Devon s'était plus ou moins moquée de lui tout du long. Il pensait ça encore en rentrant dans la grange, et ça aussi en la rejoignant dans l'obscurité pour l'éclairer, même si sa vexation avait diminuée un petit peu. Par contre, sans même qu'il ne s'en rende compte, tout avait changé alors qu'il s'était retrouvé à un mètre de sa meilleure amie. Comme s'il avait pénétré dans une nouvelle zone, qui lui aurait révélé la réalité telle qu'elle était vraiment et non la réalité de son esprit, celle qui s'entêtait à lui faire croire que Devon jouait avec lui. L'électricité qui avait alors circulé dans l'air, entre eux, avait eu raison de lui. Il n'avait pas vraiment réfléchi, à ce moment, mais il avait balayé tout ce qu'il ruminait jusqu'alors d'un battement de paupières, ses sentiments s'exacerbant. Il n'avait pas vraiment hésité, il ne s'était pas demandé ce que Devon pouvait ressentir ni comment elle accueillerait ce baiser : il savait, à cet instant, qu'elle ressentait la même chose que lui.

Devon finit par se détacher de lui, à bout de souffle. Elle posa sa tête contre son torse et Ariel posa son menton contre le haut de son crâne. Il passa une main dans ses cheveux avant de la faire glisser le long de sa nuque et de son dos. Il entoura alors la jeune femme de ses deux bras et la serra contre lui, protecteur. Il espérait qu'elle n'avait plus peur. Lui se sentait bien, reposé, en paix. En accord avec lui-même, en accord avec Devon. Les deux, ensemble, cela paraissait si naturel au final. Ariel se demanda si la jeune femme était toujours sa meilleure amie, comment ça se passait dans ses cas-là. Est-ce qu'embrasser sa meilleure amie était normal, est-ce qu'elle devait alors passer dans une autre catégorie ? Mais dans laquelle ? Fille que j'ai embrassé ? Non, Ariel ne voulait pas ça. Devon n'était pas n'importe quelle fille, loin de là. C'était la fille. C'était toujours sa meilleure amie et quoiqu'il advienne, elle le serait toujours, jusque à la fin de sa vie. Ce serait une constante, il le savait. Ce n'était pas impossible qu'ils deviennent plus, que leur relation change, évolue, mais meilleurs amis ils le resteraient toujours. Ariel déposa un baiser sur le cuir chevelu de la brune, mettant fin à son débat interne. Il verrait bien plus tard, ce qu'ils étaient en plus. Ils auraient tout le temps pour en parler. Il garda Devon dans ses bras encore quelques instants, jusqu'à ce qu'il la sente frissonner. Ariel revint alors un peu à la réalité, se rappelant où ils étaient, l'heure qu'il était, la température qu'il faisait. Il frissonna à son tour. La brune suggéra de rentrer au van et Ariel estima que c'était une plutôt bonne idée. Il entoura de nouveau son visage de ses mains et chuchota quelques mots, tendrement, presque sensuellement. « Il y avait bien un truc, finalement. » Il esquissa un sourire et, sans réfléchir, déposa un bref baiser sur les lèvres de Devon. Il glissa sa main le long de son bras et attrapa sa main, à laquelle il entrelaça ses doigts. « Tu veux dormir où, ce soir ? » demanda-t-il alors qu'il l'entraînait hors du ranch. Quand ils furent à l'extérieur et que la lune les éclairait enfin, Ariel se retourna vers Devon. Il ne put s'empêcher d'avoir un petit sourire en coin. Elle était vraiment, vraiment belle. Il la voyait grelotter, néanmoins, alors il lâcha sa main et passa son bras autour d'elle, pour la rapprocher de lui. Ils avancèrent doucement, en silence, jusqu'au van qui se trouvait au plein milieu de la cour des Caldwell. Ariel jeta un coup d’œil en direction de la maison des propriétaires. Une fenêtre était encore allumée et il crut reconnaître ce qui ressemblait à un salon. Il détourna le regard avant qu'on ne le remarque, de peur qu'on croit qu'il les espionnait. Il avait envie de leur dire merci, aux Caldwell. Merci d'avoir embauché Devon, merci d'avoir une si belle ferme et un si beau terrain, merci pour tout. Il était tellement heureux, là, mais pas de ce bonheur futile qu'il éprouvait en quasi-permanence, non ; ce bonheur qui irradiait tout son corps et son esprit, ancré au plus profond de lui, le vrai bonheur. Quand ils arrivèrent au van, Ariel se détacha de Devon et farfouilla dans la poche arrière de son pantalon pour récupérer ses clés. Il déverrouilla la porte passager et l'ouvrit, faisant un petit signe de la main à la brune pour qu'elle grimpe dans le véhicule. Il ouvrit ensuite la porte latérale et récupéra rapidement une grosse couverture, pour la lui donner. Il referma les deux portes et fit le tour du van, s'installant derrière le volant. Il mit le contact et tourna la tête, plongeant son regard dans celui de Devon. Il esquissa un sourire, un beau sourire. C'était la toute première fois qu'il donnait à quelqu'un ce sourire là.

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